J'ai tout pour etre heureuse. Comment dire aux gens que malgré ça rien ne va. Il ne faut rien montrer, pas de depression, pas d'angoisses, souvent essayer d'être contre, se faire violence, sourire, rire, parler, bouger, se lever le matin et tout ca, parce que finalement, c'est pas légitime d'être comme ca.

J'essaye de me depatouiller avec le peu de neurones qu'il me reste, vraiment, j'essaye juste de faire des trucs biens. Le matin au reveil je me dis Tiens aujourd'hui j'aimerai faire ca, ou créer ca. Et j'essaye de le faire, mais à chaque fois que c'est fini, c'est un sentiment d'échec qui me prend à la gorge, un genre de Putain, c'est trop nul ce que je fais, ou bien T'en as pas fait assez.


Jamais assez. Jamais satisfaite.




La nuit je reve de tout ce dont je voulais dans ma vie ; une vie d'enfer sex drugs & rock n'roll, manger chez mes parents chaque dimanche comme Amelie Poulain, être une maman géniale, une artiste admirée, la femme d'une rock star, un ecrivain ou une réalisatrice renommée. Tout ce que je ne serai jamais parce que je ne suis bonne à rien. Une simple copiste dotée d'un esprit vif.

Je lutte souvent pour ne pas sauter par la fenetre, pour echapper à cet idéalisme chimérique, me terrant dans la baignoire avec l'Ipod sur les oreilles. Dans ces instants précis, j'aimerai redescendre sur Terre, me dire "La vie c'est pas ca, c'est pas rever d'être quelqu'un que tu n'es et ne sera pas".



Un jour, j'aimerai arreter d'être sans cesse décue de moi.

Mercredi 16 juillet 2008
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Il y a les ombres humaines et les yeux rouges, les hommes qui rampent ou qui balancent leur tetes de gauche à droite, le plafond qui bouge, l'air froid d'un coup dans la nuque et les couloirs pleins de bruits et de chuchotements. Dans le lit il y a la main au pied du lit et derriere le rideau de douche la fille bleue aux yeux exorbités et à la machoire deboitée. Et ces voix dans la tete, des cris, des pleurs, les pierres tombales et les paupieres arrachées.

J'aimerai dormir et me dire que ce n'est pas grave si une heure plus tard je ne suis pas reveillée. Parfois je reve de ne plus me reveiller, pour que tout s'arrete, pour avoir la paix et arreter de pleurer.

Je mets mon Ipod sur les oreilles pour combler le vide et l'absence. J'essaye de travailler depuis quelques jours mais ou bien je n'arrive pas à me concentrer ou bien je fais 10 choses en même temps et rien ne se fini.

L'impression d'etre dans un ocean de boue et de ne pas avoir la force de me debattre. Les gens s'inquietent et ca m'attriste parce que je ne peux rien faire, quelque chose de plus fort que moi qui m'empeche de communiquer plus. Le mutisme. L'inertie.

Dans une autre vie j'aimerai être un stylo Bic.


Jeudi 24 janvier 2008
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Ai vomi deux fois avant de partir pour prendre le train. Prendre une douche, se coiffer, rassembler ses affaires, fermer la porte, ne pas hurler d'avoir mal au genou dans les escaliers.

Ai vissé mon Ipod sur les oreilles dans le metro et dans le train. Descendre du train et monter dans la voiture et hurler parce que j'ai un putain d'abruti de frere qui roule trop vite et qui fait une glissade sur le verglas avec des voitures qui arrivent en face.

Repas de Noel tres calme. Pas de discussions. La télé comme seule attraction.

Pas d'internet, pas de voitures. Coincée.

Le reste du temps, j'attends. Je ne sais pas encore trop quoi, mais j'attends. Je n'ai meme plus hate de rentrer chez moi, je me sens trop faible pour decider de quoique ce soit, comme au fond d'un trou noir béant dans lequel on ne verrait aucune lueur. Molle. Sans vigueur. Sans envies.
Ca n'arrange pas mes affaires. J'essaye d'avoir l'air joyeuse, de sourire, mais au fond ca ne va pas du tout, de moins en moins. Je suis lassée de tout et ne voit d'interet en rien, meme pas pour ceux que j'aime. Je me sens affreuse comme ca ; la culpabilité c'est la seule chose que je me sens capable de ressentir maintenant.



Du fond de mon lit je me demande à quoi ca sert tout ca. Parler aux gens, d'être gentille, de les aimer, de les attendre sans qu'ils se rendent compte que c'est un luxe d'avoir quelqu'un qui nous attends quelque part, de les supporter ou de se faire poignarder de dos ou de face par eux. Je passe le temps en me repassant des histoires dans la tete.

Ne pas hurler.





Jeudi 27 décembre 2007
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Il ne se passe pas un seul jour sans que j'ai mal ; mal aux pieds d'avoir marché, mal aux chevilles, mal au dos, mal à la tête, mal à la gorge, mal dans mon dedans. 

Je viens de me reveiller avec une grosse crise d'angoisse suivie d'une crise de pleurs. Incompréhensible. Je n'arrive meme pas à lui dire ce qui ne va pas quand il me le demande, moi j'ai juste envie de pleurer jusqu'en mourir.

Je ne me vois pas passer ma vie à avoir mal, tout le temps, physiquement ou psychologiquement. Je ne me vois pas passer ma vie à revivre sans cesse les choses et à ne pas pouvoir m'en defaire. J'aimerai être beaucoup plus forte, me prendre en main et retourner voire ma psy. Mais ni les antidepresseurs, ni d'être suivie ne m'a fait du bien.

J'entends de plus en plus de voix, je vois de plus en plus d'ombres, et les reminiscences qui tournent et s'enchainent et tourbillonnent. Je suis fatiguée de mes cauchemars, de mes angoisses nocturnes, de grossir et d'avoir mal.

Malgré ce qu'a pu me dire la psy, je reste persuadée d'etre responsable de l'état de mon père. Je l'ai rendu malade, et comme on a jamais su communiquer, ca l'a rendu malade, malade, malade. Tous les jours je pense à mes parents et de ce trop plein de choses que je ne pourrai jamais leur dire.

Il est 3h36. Attendre que ca passe. Que toute cette amertume, cette mélancolie s'en aille. Je reve moi aussi de m'en aller car je n'ai plus la patience. J'ai toujours cru que j'irai mieux, et aujourd'hui je m'apercois que ca ne pourra qu'etre de pire en pire.

Lundi 24 décembre 2007
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Je ne supporte plus quand elle boit. Je ne supporte plus ce qu'elle dit quand elle boit. Je ne supporte plus ce qu'elle est quand elle boit.

J'ai beau en parler ca ne change rien, ca me rend meme malade. Coupable. Impuissante etc. J'aimerai l'aider, mais je ne peux au final que l'écouter et lui dire que je serai toujours là. Je ne sais pas faire autre chose que ca.

Ca me renvoit à pleins de choses que je pensais avoir apaisé ; les cauchemars reviennent, un vieux relan de depression qui ressurgit, cette sensation de se retrouver face à quelque chose d'immuable et toute cette tristesse, oui, cette tristesse de ne pas pouvoir faire plus, de ne pas pouvoir prendre les gens sous son aile et de les enfermer chez soi, loin de tout ce qui les rend si pathétiques, si paumés, si malheureux. Je n'ai vraiment pas ce pouvoir. De toute ma vie je n'ai jamais vraiment su aider quelqu'un qui n'allait pas bien.

Je me sens ridiculement petite à cet instant, pire que nullissime. Ca a l'air de peu d'importance pour quelqu'un qui n'a pas vu les dégats, ni senti l'odeur de l'alcool puant que je deteste tellement, ni les pleurs, ni les plaintes, ni toute ce chagrin qui transpire et qui colle au coeur.



Je pense que mon pere etait triste aussi.


Mercredi 19 décembre 2007
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Je comprends pas ces journées qui defilent tres vite sans que je comprenne rien et ce telephone qui n'arrete pas de sonner et ces gens avec leurs poubelles et j'ai fais tombé peté ma Freebox et quand je comprends pas un mot je regarde dans mon dictionnaire sauf que j'ai lu trois fois sans rien entravé et je repose le dictionnaire. Je sais meme plus quel jour on est la derniere fois que j'ai mangé ou dormi et j'ai l'impression de peser trois tonnes avec mon Ipod sur les oreilles pour plus rien entendre d'autre. Je vois meme plus les heures defiler j'ai l'impression d'etre dans une boite avec une pendule qui fait tic tac en acceleré et je me rappelle plus si c'est ce soir qu'on devait faire quelque chose mais je crois que non parce que je suis toute seule avec mon couloir qui me fait peur. J'ai mon cerveau qui fait blop blop tellement ca bouge dedans et mon plafond bouge elle hurle je sais pas pourquoi je crois qu'ils m'ont oubliée. Des fois il me parle des trucs que j'ai ecris et ca me ferait limite pleurer s'il insistait parce que je me rappelle pas c'est tout confus et j'essaye de me rappeller de la date de naissance de ma maman alors je regarde sur ma carte d'identité. Je lui parle sur msn et elle me dit qu'elle comprend pas ce que je raconte alors que je parle francais et là je sais plus s'il faut que je finisse ma phrase bien comme il faut ou m'en aller. Tu croirais pas comme ca mais je suis gentille et j'aimerai juste qu'il me parle pas de ses deux amours alors que moi il s'en fout il se souvient meme pas de moi mais c'est pas grave parce que tu compte pour personne parce que tout le monde t'oublie et que t'es une putain de grosse merde et tu seras jamais bonne à rien comme il dit en te tappant sur la gueule pour que tu comprenne bien et en te touchant les nichons et les fesses en t'etouffant la bouche pour que tu crie pas et tout ca c'est pas grave parce que t'auras beau y mettre la main en entier ca va pas jusqu'au coude. Des fois j'ai des souvenirs comme ca qui me remonte alors que je les avais longtemps oublié dès le lendemain et putain j'adore le final de sa chanson The Mountain parce que t'auras beau menacer j'aimerai juste hurler aussi juste et fort qu'elle.



Vendredi 12 octobre 2007
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Mercredi 10 octobre 2007
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Depuis quelques jours, je me reveille chaque matin avec une crise de nerf. L'envie d'hurler, de me rouler en boule et de baver. Se debattre avant la fin surement.

J'ai voulu passer la soirée seule, je ne sais pas pourquoi. J'ai constemment l'impression d'etre fatiguée, assommée, alors que je ne fais quasiment rien de mes journées. J'en ai profité pour faire quelques crises, reflechir à ce que je veux vraiment, et puis refaire quelques crises ne trouvant pas de reponse à cette question.

Il est 5h00, je ne dors toujours pas. J'ai l'impression que je vais exploser, l'impression d'etre dans une enveloppe trop etriquée, trop etouffante.

Et puis cette réunion de famille qui approche à grands pas, où je ne veux pas aller ni comment l'annoncer à mes parents. Voir des personnes que je n'ai pas vu depuis 10 ans, ma grand-mere, mes tantes, mes oncles, mes cousines, les amis de la famille ; une soixantaine de personnes, un regroupement qui m'angoisse, tellement de jugements, tellement d'opinions sur ce que je parais ou ce que je suis. Je n'en ai pas la force.


Pardon.



Samedi 6 octobre 2007
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De la chair. Uniquement de la chair. Dans mon lit, dans leur lit. Des heures ou des nuits entières. Je m'en fiche de tout ca, d'eux, de moi. Pas de sentiments, plus jamais de sentiments. Je ne lutte meme plus et accepte n'importe quelle proposition la tete ailleurs. Je ne suis plus là quand ils me baisent, je pense à autre chose, je fais semblant en gémissant. Je jouis de ne pas être seule pendant quelques instants. De la chair, uniquement de la chair. Mon corps ne me sert plus à rien. Et entre chaque homme suivant, je me laisse envahir dans le noir. Le silence. Le vide. En attendant l'homme suivant.

Je ne suis plus là quand ils sont en moi.





Mercredi 26 septembre 2007
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Il y a une dizaine de sacs poubelles dans mon couloir qui attendent d'etre jetés ; papiers divers et variés, cours de BTS, vetements trop grands / petits / vieux, des trucs qui dataient d'il y a plus de deux ans (!!!), maquillages et produits de beauté périmés ou que je gardais en pensant m'en servir un jour et puis finalement...

J'ai tout evacué. Je veux du propre, du bien rangé. De la décoration et une salle de bain qui sent bon.

J'ai passé la journée à travailler de nouveau et tout a l'heure j'ai rendez-vous avec mon banquier.



J'ai juste envie de beau, de meilleur. Pour moi. Avec lui. Avec qui que ce soit d'autre. Pour n'importe quoi.


Jeudi 19 juillet 2007
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