Elle tourne quelques pages pour revenir en arrière. Parfois j'essaye de voir à l'envers ce qu'elle marque, sans succès.

---

ELLE - Parlez-moi de votre ex...

MOI - Lequel ? repondai-je avec un demi sourire aux levres

ELLE - Vous savez tres bien.

MOI - Hmm. Et bien disons pour résumer que je me suis pris une porte en plein putain d'gueule. Des fois je fantasme sur le fait qu'il m'appelle un soir, ca fait si longtemps... Oui, parfois, il me manque y'a pas à dire. Surtout qu'en plus j'ai toujours eu le chic de tomber sur des mecs qui m'aimaient pas, qui habitaient loin, qui etaient jamais là, blah blah ... Ca fait vite relativiser, on s'en sort mieux quand c'est fini, dans ces cas là.

ELLE - Vous avez trouvé quelqu'un d'autre vous m'aviez dit.

MOI - Oui, faut voir le volteface là, c'est assez incroyable. Faut le voir quoi. Moi meme j'essaye de m'y habituer, c'est dire si ca chamboule. On verra ce que ca donne, y'a rien à faire d'autre.

ELLE - Vous attendez quoi en general quand vous êtes avec quelqu'un ?

MOI - En fait j'attendai juste comme une grosse conne que quelqu'un m'aime. C'est comme si j'etais dans un grand hall de gare vous savez, avec tout ces gens qui passent avec leur valise leur sac le quai le bruit l'horloge. Et moi au milieu de tout ca, transparente, en regardant tout ces gens qui se rassemblent qui s'enlacent qui se dise bonjour en s'embrassant. T'as beau regarder autour, y'a personne pour toi. C'est les autres qui sont heureux, pas toi. Donc tu attends. Tu attends. Et tu attends. Et si tu as le bonheur d'avoir quelqu'un venant te parler, tu sais tres bien qu'il aura toujours un train à prendre sans toi.

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Rendez-vous le 8 novembre.

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T'écoute peut-être comme moi :
In a Funny Way - Mercury Rev


Vendredi 19 octobre 2007
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"Mademoiselle, vous etes votre meilleure ennemie."

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"Vous n'avez pas de troubles psychiques ; vous n'etes pas schizophrene, vous n'etes pas bipolaire. Vous avez juste une personnalité complexe ."




Putain, je suis super foutue alors. 
Samedi 6 octobre 2007
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ELLE - En quoi voulez-vous qu'on vous aide en venant ici au juste ...?

MOI - Heu... Hmm...

ELLE - silence

MOI - C'est à dire... Je suis fatiguée. J'ai conscience de faire n'importe quoi, de devoir ne m'en prendre qu'à moi meme, sauf que je ne sais pas pourquoi je fais tout foirer, toujours. J'ai peur. Je veux m'en aller mais meme de ca j'en ai peur, alors j'ai reflechi à la question, et j'en suis venue à la conclusion que toutes ces merdes que je me crée c'est finalement pour me retenir de partir. Vous comprenez ... ?

ELLE - Non.

MOI - Bon...

ELLE - Je le repete : en quoi voulez-vous qu'on vous aide ?!

MOI - Je sais pas. Je sais pas. En fait, si. C'est juste que je ne sais pas comment faire pour continuer, et tous ces souvenirs dans ma tete, ca tappe, ca me rend malade ; je pense à mon père, à ses phrases assassines, à ses coups parfois, à ma mere qui pleure, ou qui crie en l'entendant se faire mettre une chaise dans la tronche. Et vous voyez, ca revient toujours dans ma tete, rien ne provoque ces reminiscences, elles reviennent toutes seules et ca resonne, et je suis fatiguée. Et je ne sais pas comment faire pour continuer à vivre en pensant que demain ce sera pareil, qu'apres demain aussi, et pour les 40 années à venir aussi.

ELLE - Hmm hmm...

MOI - J'aime pas parler de mes parents de toute facon, à personne. C'est pathos à mort j'ai l'impression d'etre Cosette. Ca fait partie de moi malheureusement et personne ne peut comprendre l'impact.

ELLE - prend des notes

MOI - Vous pensez que c'est possible de continuer à vivre comme ca ... ?




Rendez-vous dans deux semaines.


Mercredi 18 avril 2007
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ELLE - Vous avez des nouvelles de vos parents ?


MOI - Ma mere m'appelle souvent, sauf que je ne repond presque jamais. Ils sont venus à la maison il y a deux semaines et c'etait l'horreur ; les deux s'accordent à parler en meme temps et moi je dois jouer au ping pong avec deux raquettes pour répondre et n'en defavoriser aucun. Et puis je crois que ma mere est folle.


ELLE - Comment ca ?

MOI - Elle m'appelle parfois très tard, passé minuit. Elle ne se rappelle pas de m'avoir appellé la veille, ou me repete des choses deja dites et ne s'en souvient plus. De maniere générale, j'ai l'impression qu'elle perd la boule. Et ca me rend triste.


ELLE - Et votre père ?

MOI - Mon pere lui gueule dessus. C'est tout ce qu'il sait faire.


ELLE - Qu'est ce que vous pensez de tout ca, qu'est ce que vous ressentez.

MOI - C'est debile, il y a tellement de gens qui souffrent pour de bonnes raisons, et moi je suis là avec toute cette merde dans la tete. Je me sens coupable, parce que ma mere, je l'aime, et c'est moi qui l'ai rendue folle. Oui, si elle est folle c'est de ma faute. J'aurai dû etre plus facile, moins debile, moins grosse, plus présente, plus affectueuse. Et j'ai jamais été tout ca, et j'en creve, si vous saviez comme j'en creve.


ELLE - Vous n'avez pas mangé depuis combien de temps ?

MOI - Depuis 5 jours.


---

Tout ces problemes que je m'invente, tout ces gens qui me quittent ; est ce finalement si important que ca ?

J'aime l'idée de ne pas me laisser abbattre, de rebondir, de me sortir les doigts du cul et de faire en sorte que les choses aillent bien. J'ai fait beaucoup d'efforts pour m'améliorer, meme si je merde encore sur pas mal de choses. Pourtant au final ; du chemin parcouru, des changements, des évolutions. Et beaucoup de chance. A partir de là, tu peux retourner le truc dans tout les sens car je ne suis qu'une sale petite chialeuse.

Mais je serai toujours pessimiste et je me tue moi-meme à petit feu ; à pas manger, à pas dormir, à tout vomir, à m'attacher à des gens qui m'abandonnent. Les seules choses que je n'ai pas reussi à changer.



Je ne crois pas à la longévité quand on a pas été pardonnée.


Samedi 24 mars 2007
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ELLE  - Alors Mademoiselle, vous avez retrouvé le chemin pour venir jusqu'ici on dirait ... ?

MOI - Oui. Oui oui. Ca faisait un mois que je suis pas venue. Je ne suis pas venue non plus prendre mon traitement. Et maintenant je ne dors plus. C'est le troisieme jour. Je suis fatiguée, bien sur, mais je n'ai pas envie de dormir. Je suis venue aujourd'hui, et pourtant je n'ai rien à dire de special. Je suis vide. C'est un peu comme si j'etais morte, sauf que je respire.

ELLE
- Vous arrivez à aller travailler comme ca ?

MOI
- Je suis fatiguée mais ca va. Je pense à autre chose, je bouge, je m'active, je vois des gens aussi. Des gens tres bien qui me font rire. Hier soir par exemple, j'avais deux personnes chez moi, et j'ai beaucoup ri. J'avais l'impression que ca faisait une plombe que ca ne m'etait pas arrivé de rire comme ca.  Je pense sincerement qu'on a touché le fond une fois qu'on se rend compte de ce recouvrement de sensation.

ELLE
- Et votre situation financiere ?

MOI
- Ne me parlez pas de choses qui fachent...
*silence*
Disons que je fais ce qu'il faut pour payer mon loyer, ne pas faire n'importe quoi en souscrivant des trucs avec n'importe qui. Ca se retabli petit à petit.

ELLE
- Vous m'aviez dit que quand vous ne sortiez pas de chez vous, vos journées etaient uniquement consacrées à vos crises je crois...

MOI
- Je n'ai pas fais de crises depuis au moins deux semaines ; d'abord parce que j'avais une angine blanche, et aussi parce que je me rend compte que ca me coute cher, aussi bien financierement que physiquement.
Et puis là, j'ai envie de me ballader, de voir des choses, des gens, sortir dehors, main dans la main, avec un rayon de soleil si possible, ou sinon boire un café sur une terrasse le soir et parler, et le regarder, et puis l'aimer. Il s'en irait s'il savait ; la boulimie ca fait tache dans tout ca.

---------

La verité, c'est que j'ai juste l'impression d'etre en sursis. Je sais que lui aussi va s'en aller, que ca ne durera jamais aussi longtemps que je le veux, que je ne suis pas "Celle", parce qu'il n'est pas bien ici. Mais j'ai envie quand meme. Et c'est merveilleux parce qu'au final, c'est la premiere fois que je vis ca. Quelqu'un qui n'est pas loin, que je ne vois pas juste le week-end, qui est dispo ...

Oh oui, j'entends deja ce que tu vas me dire ; que je ne suis qu'une putain de fille facile, qui change régulierement de mec. Mon tord, je vais te le dire ; c'est juste de vouloir etre aimée et de vouloir construire un truc bien. Sauf que je n'y arrive jamais.


Et tu veux que je te dise aussi ? Finalement tu es comme moi.
Le blasement en plus.

Vendredi 23 février 2007
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- "Vous avez maigri depuis la derniere fois qu'on s'est vu, Mademoiselle, non ?"

- AHAHAHAHAH !

- "Hum. D'accord. Seroplex ?"

- Volontiers...



Vendredi 1 décembre 2006
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Et alors que je n'eu pas pleuré depuis à peu près six jours, la colère m'envahit.

"Comment ?! Me faire ca à moi ?! Moi qui ai tellement fait d'efforts ! Moi qui ne pensait plus qu'à toi ! Moi qui ai demenagé, changé, analysé, devoué toute ma personne à la seule tienne, comment OSES-TU me faire ca à MOI ! Toi avec ton indifférence et ton désamour, ton égoisme, ton coté paumé, je te deteste, je te deteste, je te DETESTE !!!"

J'ai envie de lui dire, de lui cracher tout ca à la figure. Sauf que je ne le ferai pas. Parce que c'est fini et qu'il m'a dit le fameux "Adieu". Celui qui fait si mal que j'ai l'impression de crever, de me vider de jour en jour. Il n'y a pas pire chose que de ne pas avoir été vue ou considérée, de s'être debattue dans le vent comme une acharnée pour rien. Pourtant, moi qui pouvait tout lui pardonner, meme le fait qu'il ne m'aime pas durant presque un an, je me surprend à le haïr de plus en plus. J'ai été la patience et la comprehension meme, une vraie crème, un peu trop gentille et ca me tuait à petit feu ; des journées et des soirées entères à vomir toute cette injustice, toute cette tristesse, et à me punir de ne pas être celle qu'on aimerait être pour être aimée. A force on pense que si l'on se fait violence, les choses changeront, et qu'on baignera dans le bonheur total. Sauf qu'elles ne changent jamais, malgré toute notre foi.


***

MOI - Je suis malheureuse. C'est pathetique d'etre malheureuse pour une histoire d'amour qui se finit mais c'est comme ca. Je suis malheureuse...

ELLE
- Ce n'etait qu'une liaison. Quand deux personnes s'aiment c'est une relation. Quand une seule personne aime, c'est une liaison...

MOI
- Je sais que ca n'etait que ca, et ca me convenait. Du moment que je pouvais passer du temps avec lui, faire l'amour, regarder la télé dans ses bras, j'etais heureuse, moi.

ELLE
- Mais vous allez rencontrer quelqu'un d'autre... C'est dans la logique des choses... Et quelqu'un qui vous aime vraiment vous aime telle que vous êtes vous savez, pas mieux ou pas pire, juste comme vous êtes là maintenant.

MOI
- Oui oui oui ! C'est ce que tout le monde dit, que je trouverai quelqu'un d'autre, que ca va passer, tout le bordel consentuel qu'on dit aux gens qui se font larguer, alors que vous savez très bien que c'est faux, que parfois des gens restent seuls toute leur vie, qu'il ne retrouve plus personne, qu'ils restent seuls et que personne ne les aiment. Moi c'est mon cas, dites moi une seule bonne raison pour laquelle on m'aimerait, pour laquelle je retrouverai quelqu'un ?

ELLE
- Parce que tout le monde trouve son quelqu'un un jour. C'est dans la logique des choses, je vous l'ai dit.

MOI
- Mais non, vous comprenez pas, je sais, je SENS que je vais rester seule toute ma vie comme une vieille fille, parce que je suis moche, je suis obèse, je suis conne et debile et trop gentille, et que je suis complexée par ma gentillesse vous voyez, j'aimerai être sure de moi ou avoir une qualité quelconque... Et du coté de mère qui a 11 frères et soeurs, les trois quart sont de vieux célibataires qui ont bientot 50 piges. C'est une malédiction, c'est tout !

ELLE - Pourtant vous avez eu des petits amis avant...

MOI
- Oui pleins, je n'ai jamais eu de mal, je suis constemment dans un rapport de séduction alors parfois quand j'ai quelqu'un dans ma ligne de mire, je l'obtiens. Mais lui, je l'aime. Je l'ai aimé depuis le début. Je l'ai toujours aimé, et je crois bien qu'avant meme de le connaitre je l'aimais déjà... Je l'aimerai toujours meme si je le deteste en meme temps, meme si je ne le verrai plus jamais.


***


J'ai dis "oui" toute seule sans l'autre.
Pour la vie.
Sans lui.
Mardi 17 octobre 2006
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ELLE - Et comment ca s'est passé avec vos parents durant cette année ?

MOI - Bof. Disons que quand on voit plus les gens pendant longtemps, on s'attend toujours un peu à ce que, quand on les revoit, ils aient changé. Au debut, en revenant vivre chez eux, j'ai cru qu'ils avaient changé. Et puis tout est revenu tres vite, les habitudes, tout ca. Tout un tas de trucs comme une porte en pleine gueule, le retour d'une réalité qu'on avait un peu oublié, etc...

ELLE
- Vous gardez de bons contacts avec eux ?

MOI
- Oui, je suis obligée. Ils sont et resteront mes parents. Et puis je leur en veut pas pour tout ca.

ELLE
- Pourquoi ?

MOI
- Parce que je m'en veux à moi. J'aurai été differente, vous vous rendez compte ? Rien n'aurait été comme ca, j'aurai su être autrement, j'aurai su soutenir mes parents, j'aurai dû les aider, les ecouter, et ne pas etre en colere contre eux. Ca aurait changé tout un tas de choses ; mon père n'aurait pas été alcoolique, ma mere moins malheureuse, etc...

ELLE
- Qui a le role de parents et qui a le role d'enfant chez vous ?
Vous savez, l'alcoolisme est une maladie. Ca ne depend pas du comportement d'une tierce personne, vous auriez été autrement il serait resté tel qu'il est. Ca ne dependait pas de vous et ca n'est pas votre faute si votre père est ce qu'il est. Il faut bien que vous compreniez cela."

MOI
- Oui mais j'aurai été differente ! J'ai été odieuse avec lui, j'ai été odieuse avec ma mere, alors que moi, vous voyez, je les aime, je voudrais les aider, je voudrais leur dire que je les aime et les prendre dans mes bras, et c'est impossible tout ca, parce que chez moi on se touche pas, on s'embrasse pas, on se parle pas, et toutes ces années de non-dit, de non-demonstration d'affection, ca me bouffe, parce que ces années là on me les rendra pas, et un jour ils vont mourir, et moi j'aurai été la fille imparfaite, la fille grosse, la fille ratée qu'ils ont eu et qui etait si magnifiquement merdique. J'ai passé des années et des années à avoir honte d'eux et à etre méchante avec eux.
Alors merde ! Oui, c'est de ma faute tout ca ! Vous m'enleverez pas de la tete que si j'avais été differente les choses se seraient mieux passées !

ELLE
- D'accord. Préparez vous pour une prise de sang et votre pesée la semaine prochaine.




J'adore la facon de ma psy pour passer du coq à l'ane.



Mardi 3 octobre 2006
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ELLE - Mais pourquoi faites vous ca ?


MOI - Vous savez, des fois j'essaye de deconnecter mon cerveau, histoire d'arreter de ruminer deux secondes, sauf que j'y arrive pas. J'aimerai oublier que j'ai une putain d'enclume au dessus de la tete depuis une semaine à cause du boulot, j'aimerai oublier que je n'ai pas, à chaque fois que je rentre le soir, la famille dont je reve, j'aimerai oublier que je transpire comme personne avec cette chaleur, j'aimerai oublier que des nanas peuvent se foutre en mini jupe et les bras à l'air et que moi non. C'est futile, n'est ce pas ? Pourtant moi ca me tracasse, tout ca. Faudrait relativiser, s'en foutre, penser à autre chose. Moi je focalise, je cristallise.

ELLE
- Pourtant vous avez quelqu'un dans votre vie, des amis...

MOI
- J'ai quelqu'un dans ma vie qui ne m'aime pas, pour qui je ne compte pas. J'aime oublier ca tout le temps, que ca parte avec l'eau de la douche en meme temps que ma gerbe. Et apres je me sens sereine, vous comprenez ? Ca m'allege, je suis legere, ca me rend euphorique si vous saviez, l'idée seule de l'avoir lui, sans penser au reste... Je l'aime. C'est tout. Je mets son non-amour entre parenthese le temps d'une soirée, parce que ca me donne de la force d'occulter, quand je le fais je ne pleure pas. Et il m'a dit qu'avec le temps peut etre il m'aimera, alors je prefere vomir dans mon coin en attendant...

ELLE
- Et si ca ne vient jamais ?

MOI
- J'ai espoir. Avec l'espoir on est capable de faire beaucoup de concessions. C'est juste une question de temps. Il m'aimera j'en suis sure, il est bien avec moi il me l'a dit, ca se voit et ca se sent, pourquoi ne m'aimerait il jamais ? Je me dis que tout ca payera forcement un jour ; je l'aime, je le laisse faire sa vie, je ne l'etouffe pas, je suis adorable autant que possible - et il me le rend bien quand nous sommes ensembles - et alors quoi ? Est ce que j'ai des raisons de perdre espoir et de laisser tomber, avec tout ca ?

ELLE
- Et vos amis ?

MOI
- La seule amie que je frequente est alcoolique, et puis on fait plus du tout partie du meme monde. Elle, elle a un boulot stable, est avec son mec depuis 3 ans, planifie deja leur bébé pour septembre. Et je fais comme si elle avait encore un quelconque interet pour moi, sauf qu'au fond meme à elle je ne peux pas parler. Elle ne comprendrait pas.

ELLE
- Vous ressentez quoi en général ?

MOI - De la colere, du chagrin. J'aimerai etre celle qu'il aime, j'aimerai avoir été assez forte pour passer outre mes crises de spasmophilie, j'aimerai etre tout un tas de choses mais je suis moi, et je fais avec. J'ai changé pour m'ameliorer, mais ca ne suffit pas encore, il me faut encore du temps. Toujours ce putain de temps. En attendant je prefere oublier ; lui, elle, eux. Tout le monde. Je veux juste penser au positif ; que je l'aime et que je me defonce au boulot pour garder ma place. Je ne veux pas m'apitoyer et pour ne pas m'apitoyer je vomis. C'est tres symbolique tout ca ; en tirant la chasse, je fais disparaitre les trucs négatifs auxquels je pense. Et apres ca va mieux. Beaucoup mieux. C'est le monde du silence in my head, qu'importe s'il m'a vexée ce week end, s'il ne m'aime pas, si je n'ai pas d'amis, si mon patron me fait la misere : ca me fait survivre et ca me fait tenir bon, de vomir tout ce que je peux, parce que j'oublie pendant ce temps là, je ne souffres plus. On occulte comme on peut.



Je ne suis pas une victime. Ou seulement de moi meme.



Mercredi 19 juillet 2006
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