Parfois il me prend l'envie de tout bazarder pour de bon, et d'écrire sur des choses tout à fait futiles donc tout à fait indispensables ; de
rock, de cinéma, de fringues, voire meme, de tout ça à la fois. Loin de tout ici. Pas de boulimie, pas de mélancolie.
Je me dis qu'il est deja bien suffisant d'en vivre et d'en souffrir. Pourtant cela a agit comme un véritable exutoir, et à defaut d'en parler à quelqu'un, je l'ai au moins ecrit, raconté,
expliqué.
J'envie les personnes qui se levent le matin sans avoir d'idées noires, qui arrivent à faire des choses simples sans que ca leur paraissent compliqué, qui n'analysent jamais rien. J'adorerai
sourire et rire assez souvent. Je sais bien aujourd'hui que je ne serai jamais comme ca, je m'ameliorerai peut-être, mais jamais assez pour etre à peu près "normale". Rien ne se guérit
completement. Dois-je cultiver cette attitude pour autant ?
Ce qui m'ennerve le plus, c'est d'être fatiguée d'être en colere contre tout le monde. Il ne se passe pas une putain d'heure sans que je rumine dans ma tête qu'on est malheureusement entouré
d'une belle brochette de cons. Partout, tout le temps. Je peste sans cesse contre les gens, intérieurement , en silence, bien trop autiste pour exprimer ne serait-ce que le quart du tiers de ce
que je pense. La haine c'est épuisant.
La derniere fois que j'ai vu ma psy, c'est à dire il y a quand meme plusieurs mois, je lui ai demandé si je pouvais dire tout ce qui n'allait pas - et au bout de 2 ans de rendez-vous avec
elle, elle pensait surement qu'il etait peut-etre temps - elle m'a repondu oui. Alors j'ai tout dit bien separemment, comme si j'avais pû dessiner des tirets entre chaque phrase. J'ai parlé
des mains qui se balladent où on veut pas quand on est jeune. J'ai parlé du mec dans les vestiaires et des vieux degueulasses qui ont suivis. Tout ca tres calmement, un sourire de politesse au
coin des levres. On s'est dit au revoir et je n'y suis plus jamais allée.
Depuis, je suis à la recherche desesperement de ma libido, mais maintenant je peux enfin parler de rock de cinema de fringues et vous ne pouvez pas imaginer à quel point ca me ravit.
Mercredi 6 février 2008
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For changing lines I've got no time tonight
In these times the wind surpasses the tide
When the wake ups hard to find dreams make up for your life
This crazy shine it never lets you die
Going up
We become what we want
Again the moon rises up too high
And we don't need the sky
Wonder what it is that makes the world turn slower
Wonder what it is that makes me feel so mad
Everyone that talks to me I so wish wouldn't
I wouldn't even care exept I feel so bad
Why is there noone in my life
Time
There's no time tonight
Wide
There's no room to see wide
Time
There's no time tonight.
Jeudi 31 janvier 2008
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J'en avais marre de trop manger et finir par ne me sentir jamais bien quelque soit la position apres le repas. Alors j'ai attendu la faim, la vraie, avec les gargouillements et tout,
et m'arreter quand je n'avais vraiment plus faim, mais pas jusqu'au "trop plein".
J'ai bien pensé à macher mes aliments car j'ai pris habitude avec les crises de tout avaler sans macher.
J'ai lu quelques sites sur la réeducation alimentaire. Je reste persuadée que c'est quelque chose de bien et de necessaire pour quelqu'un qui a autant de TCA que moi. Mais je n'y arrive pas.
Quand j'attends la faim, et qu'elle arrive, j'ai toujours ce reflexe de me dire Tu as tenu jusqu'ici, tu peux bien tenir encore un peu plus. Alors je bois beaucoup de café edulcoré, du
thé, que des choses liquides et sans sucre en me disant Ca va me faire du bien d'être vide.
Et ca me bouffe. Parce que c'est un cercle vicieux. Au bout d'un moment je n'ai plus faim et les heures passent. Je n'arrive plus à tenir plus d'une journée sans manger, comme avant, et je finis
par craquer. Badaboum.
Je ne SAIS PAS faire autrement. J'apprends, je lis, je me documente sur le sujet, je sais beaucoup de choses au final, mais je ne PEUX PAS changer. Je culpabilise toujours apres avoir mangé
quelque chose, meme de la salade, meme un fruit, meme un bonbon.
Ca me fatigue tout le temps tout ca. Ce soir j'ai l'impression d'etre arrivée au climax de ma patience envers moi-meme. Je me dis Tu ne merites pas de manger t'es trop conne, je me dis
Voila on va plus dire que t'as grossi si tu maigris ( cqfd ), je me dis Penses à la honte.
Je pense à l'euphorie et à la beauté.
Je pense à cette liberté de bouger sans avoir mal.
Je pense à l'amour.
A elles.
Aux escaliers.
Et un tas d'autres choses extremement futiles.
Samedi 26 janvier 2008
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Revenue de chez mes parents. Les yeux pleins de larmes. Quand je vois ma mere pleurer lorsque je pars ca me déchire le coeur. Rien envie de faire, pas
envie de baiser, pas envie de me laver, pas envie de produire quoique ce soit.
Mal au ventre. Ai quand meme ( enfin... ) pris rendez vous avec la gynéco. On verra lundi pourquoi à la fin bordel.
Tellement de souffrance. Dans le train je reflechissais à la meilleure solution pour que tout s'arrete. Le plus facile, le moins douloureux. Je me suis vite repris en pensant que c'etait grave
quand meme d'en arriver à penser à des trucs pareils. Tellement pathétique.
Je ne fais que dormir et manger sans faim. C'est comme si je faisais un concours de celle qui va manger le plus en un temps record. Manger pleurer manger pleurer vomir pleurer.
Je le regarde dormir. Chaque nuit je le regarde dormir en me disant que je ne pourrais decidemment rien lui apporter. Que c'est pas moi, pas lui, pas ici. Je me suis trompée. Non, peut-être, je
ne suis pas sûre. Il est tellement gentil avec moi. Le garcon le plus gentil de la terre. C'est juste ma faute à moi, je ne vais pas très bien tu sais, j'aimerai, je m'efforce, mais non je ne
pourrai pas. Jamais jamais.
Manger pleurer manger pleurer vomir et pleurer.
Jeudi 3 janvier 2008
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***
- Comme elle est cardiaque, maigris un peu avant de voir ta grand-mère...
- Tu es la seule grosse que je tolère. Mais... Pourquoi tu as grossi autant cette année ...?!
***
Décidemment. Comme si ca ne me faisait pas assez chier moi-même.
Monstre inbaisable.
Je n'ai plus faim.
Jeudi 20 décembre 2007
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Je dois bien avouer que je suis une fille pleine d'angoisses, mais qui refuse de s'aider.
Parmi mes angoisses, il y a celle de tomber enceinte. Chaque mois je guette, je jauge, je regarde si tout est bien normal, je me tate l'uterus, verifie si ma pilule a bien été prise chaque jour.
Mon plus affreux cauchemar, c'est celui où j'accouche ou lorsque je m'apprends enceinte. Je vois du sang et des veines déchirées partout.
Mon autre angoisse, ce sont les kystes et les maladies. Imaginez-vous, sur une table en train de vous faire palper le bas-ventre à moitié à poil devant un médecin que vous voyez pour la premiere
fois. Imaginez l'effet de le voir froncer le visage et faire la moue parce qu'il tâte "quelque chose". Vous annoncer que c'est-pas-grave-mais-bon-quand-meme.
Resultat ; deux ans que je n'y suis pas allée. Je m'imagine avec un kyste de cinq kilos collé sur l'ovaire droit, un truc purulent et bleu. Même face à cette idée je reste immobile, je ne fais
rien, car de savoir c'est encore pire je crois.
Pareil pour faire mon test HIV.
Pareil pour le médecin.
Pareil pour le dentiste.
Pareil pour le psy.
Je m'imagine toujours très malade, mais je ne veux jamais aller vérifier. Je laisse trainer et je me fais bien du mal au fond parce qu'il ne se passe pas un jour sans que je ne m'imagine quoique
ce soit ( cancer, SIDA, Parkinson, Alzheimer, hemorragie interne, un truc au cerveau...).
C'est débile. Je suis débile.
Je sais.
***
En deux semaines et demie, j'ai pris 10 kilos. Bon. Soit. Il ne me semblait pas avoir mangé ni plus mal ni beaucoup plus par rapport à d'habitude, meme si j'en conviens, j'adore la junk food,
mais ca n'explique pas. Je limite les quantités les derniers jours en toute conscience, après m'être soigneusement pesée et resultat ; je prends 4 kilos malgré tout.
Depuis deux semaines, ca ne va pas ; mon enorme prise de poids, j'ai mal au ventre, quelque chose de tres diffusé entre l'estomac et le bas-ventre, et depuis hier d'affreuses nausées. Ma
cigarette me dégoute, mon thé est trop fort, j'ai constemment froid et je deprime. Quand je me mets sur le ventre je ne suis plus dans une position confortable, j'ai la gerbe tout le temps tout
le temps tout le temps.
Mes angoisses reviennent. Je suis certaine d'avoir le fameux kyste de cinq kilos. Que je suis en train de perdre mes ovaires, que tout grouille à l'intérieur tellement ca a pourri comme j'ai bien
laissé trainer tout ca. C'est comme si j'avais mes menstruations sauf que ce n'est pas la période.
Dans des instants comme celui là, j'aimerai juste mourir pour ne plus stresser.
Jeudi 29 novembre 2007
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Un gros plat de pommes de terre assaisonnés de creme. Une demie boite de lentilles. Cinq tranches de blanc de poulet. Une bouteille de Schweppes.
Je me suis vulgairement remplie. Et puis cette sensation de trop plein, celle qui tiraille et qui fait mal au ventre, celle qui pousse à se vider. Plus que le mal lui-meme ; la conscience.
Combien de kilos vais-je prendre avec ce repas ? Combien de temps encore vais-je avoir mal au ventre ? Est ce que je vais resister à cette envie plus que pressante de me foutre les deux doigts
bien au fond de la gorge ?
Chaque minute et chaque putain de seconde suivant la derniere bouchée je ne cesse de me torturer l'esprit. Ca ne se voit pas. Le seul repos, c'est lorsque vers minuit, une heure ou bien quatre
heure du matin, je ne pense enfin plus. Presque une soirée et une nuit entiere avant que l'envie ne me passe.
J'aimerai tellement avoir faim, mon ventre qui gargouille. Je ne ressens plus cela, je me sens vite trop remplie, je n'ai plus aucun appetit et s'il m'arrive d'en avoir, je suis souvent degoutée
du goût qu'ont les aliments. Paradoxalement je peux manger une enorme quantité de nourriture. Le prix à payer c'est aussi tout ca ; mes intestins foutus à force de prises massives de laxatifs, un
estomac et un nez foutu à cause des vomissement repetés, mes cheveux qui me disent merde, mes mains assechées par la bile.. Ici, je ne suis pas seule. Je ne peux pas faire autant de crises
que je le voudrais, indirectement il est mon garde fou.
Je n'ai pas dormi cette nuit, j'ai somnolé le reste de la journée. Que suis-je sans mes TCA ? Est ce que je suis encore moi-meme si je n'en ai plus ?
Et toutes ces autres questions que je me pose. Je ne me sens pas bien en ce moment, dans une phase de changements importants. C'est paradoxal car ces changements me font plaisir, voire fretiller,
ce sont de bonnes choses socialement, mais moi, j'aime pas le changement. Alors... Je suis chiante. Gamine. Incapable de decider de quoique ce soit au final. L'immobilisme.
Je n'arrive pas à me faire à l'idée que les choses ne sont pas eternelles.
Mercredi 14 novembre 2007
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Parfois il suffit d'une chose, d'une personne. Qui change tout. On dirait les paroles d'une varieté francaise à la noix, je suis bien d'accord, pardon. J'ai
pleins d'envies, je sautille partout, je m'exprime, je crie.
J'écris moins aussi, peut-être parce que l'écriture pour moi ce n'est qu'un exutoire, des histoires glauques et horribles qui deviennent belles, parce qu'il n'y a que la souffrance comme moteur,
la tristesse, les reminiscences, l'alcool les coups et le foutre. Je ne sais pas raconter du beau et du joli, je ne sais pas ecrire sans destruction passionnelle, et une fois qu'on a tout dit,
compris, pardonné, il ne reste plus rien.
Les angoisses sont toujours là ; la nuit, le jour, quand je prends ma douche, quand je sors dans la rue, quand je mange. Evidemment, tout ca ne s'envolera pas d'un coup comme par magie, sans
aides, et je ne suis pas sûre de vouloir me debarasser de ces peurs et tortures moi-même. Elles me rassure. Elles sont moi.
C'est juste moins omniprésent, moins étouffant, meme si tout les jours je pense à l'envie de m'en aller. Peut-être que je ne saurais jamais ce que je fuis, ce qui m'attire autant là dedans.
Mais voila j'ai une salle de bain à refaire, un repas de Noël en amoureux, un tas de décisions à prendre, ma mère à appeller... La vie continue. Elle peut être belle et douce malgré tout. Il faut
juste savoir la modeler.
Et arreter de se regarder le nombril et chouiner.
Mercredi 7 novembre 2007
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