Toi tu sais que je mens très bien. Jouer la comédie.
Faire comme si. Faire tout pour te faire plaisir juste pour me garder contre ton coeur et que je ne sois plus seule. Pour ne plus pleurer pour ne plus penser pour
ne plus envier.
Toi tu sais que je simule quand je prend du plaisir à manger, alors qu'au fond de ma gorge chaque bouchée me fait hurler, et dans le sens inverse prête à effuser.
Et toute la nuit, des rayons et des rayons de bouffe qui s'enchainent et qui me court apres, qui m'ennivrent.
Toute cette jouissance, cette abondance, qu'il faudra cacher dissimuler faire disparaitre et vomir. Tu ne supportera pas les sons, tu ne supportera pas l'odeur, tu
ne supportera ni les pleurs ni le gachis ni la tristesse ni la folie.
Tu ne sais pas. Tu ne sais pas à quel point j'aimerai mais que je ne peux pas, tu ne sais pas à quel point je te mens, tu ne sauras jamais que ce ne sera jamais
possible parce que peut-être que eventuellement si jamais un jour probablement.
Tu sais très bien que je mens.
Dimanche 26 novembre 2006
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L'intrus
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"Il faut que vous arretiez d'utiliser des chèques Mademoiselle"
"Il faut que vous gardiez ce que vous manger Mademoiselle"
"Il faut que vous veniez à l'école Mademoiselle"
"Il faut finir tout ce travail pour ce soir Mademoiselle"
"Il faut que vous me fassiez ces examens médicaux Mademoiselle"
"Il faut fumer moins Mademoiselle"
"Il faut venir à vos séance de psy Mademoiselle"
Au final, j'ai l'impression qu'on a oublié mon prénom...
Mercredi 22 novembre 2006
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Petites Choses du Quotidien
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13h44. Je raccroche le téléphone, c'etait ma mere. Je me sens vannée, encore bien plus que les autres jours. C'est plus de mon age
les nuits blanches...
14h00. Je me reveille à coup de café edulcoré. Je n'ai pas faim. Mais j'ai une gène bizarre, un truc profond, je ne sais pas d'où ca vient, alors pour me sentir mieux je mange environ un kilo de
tomates avec du thon, que j'evacue oralement quelques instants plus tard.
14h30. Toujours vannée, mais pensive. A propos de ma mere. Je me souviens, je suis ecoeurée. De moi, de lui, et puis de moi surtout finalement. Je me bourre de thé et de café pour contrer la
faim, ca passe un peu, je me sens de plus en plus vide. Je refais une crise. Affreux ce qui sort de ma bouche, liquide et noir. Je decide d'aller retourner dormir, fatiguée de cette crise et de
ces idées noires.
15h30. Je me leve en trombe, je m'affole, je regarde mes mails pas de mails, je regarde mon telephone pas d'appels pas de messages, je vais voir ma boite aux lettres pas de lettres, je commence à
m'ennerver, il y a quelques chose qui ne va pas, un sentiment d'etouffement, je commence à avoir les yeux mouillés alors je saute dans mes pompes, enfile mon manteau et je me dirige tout droit
vers le supermarché, meme pas lavée, avec ma tete de zombie et mes yeux rouges et gonflés.
Yaourts au chocolat.
Gateaux au chocolat.
Crepes au chocolat.
Riz au lait.
Une baguette entiere.
Quatre tranches de jambon.
Un boite de Vache Qui Rit.
Un litre de Coca Cola Light.
Des nuggets de poulet.
Flush.
Je suis fatiguée, vous savez pourquoi ? Parce que je pourrais vomir une tonne de bouffe sans que toutes ces images que j'ai en tete ne s'en aillent. J'aimerai ne plus penser, oublier, occulter,
j'aimerai ne plus penser à ma mere, j'aimerai qu'elle eu été heureuse, j'aurai aimé ne pas etre comme ca avec elle.
Et jamais, jamais, jamais. Rien ne s'en va.
Samedi 18 novembre 2006
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L'intrus
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Plus jamais tu ne mangeras. Jettes tout à la poubelle, mets toute cette bouffe dans des sacs, ne les regarde pas, ne reflechis pas, ne te dis
pas que c'est du gachis. Elle te tueras à force. A force de les avaler sans macher, à force de les vomir en hurlant.
Plus jamais tu ne mangeras. Coupes tes ongles jusqu'au sang. Coupes tes cheveux si longs. Coupes toi la peau à coup de cutter. Coupes toi toi-meme en pleurant.
Regardes ta gueule regardes tes cuisses regardes ton ventre regardes ta balance.
C'est bien mieux comme ca.
Vendredi 17 novembre 2006
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L'intrus
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Comment leur expliquer mon absence depuis trois semaines. Comment leur dire en meme temps que j'ai envie d'avoir mon
diplome. Comment leur faire comprendre que je travaille dur pourtant. Que je suis malade. Que je suis folle.
Comment parler de ces nuits à ne presque plus dormir. Comment avouer que chaque nuit depuis trois semaines je me leve pour pleurer et me tapper la tete contre
mon mur tout blanc. Toutes ces images, tous ces cris, toutes ces insultes, toutes ces portes qui claquent, ces murs qui tremblent, ces bouteilles qui s'empilent, qui puent et qui embaument. Je
veux oublier je veux qu'on m'enleve mon cerveau je veux qu'on me l'arrache ! Mais pourquoi bon sang je ne peux pas dormir en paix ! Pourquoi mes yeux ne se ferment pas, pourquoi mon cerveau
s'emballe sans cesse !
Il faut qu'ils me laissent une fois encore ma chance. Il faut que je m'en sorte. J'aimerai.
Demain je vais essayer d'y retourner. Je dois donner les papiers nécéssaires à l'inscription de mon examen final. J'ai peur de ne pas y arriver, et il faut
que je me couche tôt pour me lever tôt. Me lever, eteindre mon reveil, prendre ma douche, m'habiller, sortir de chez moi. Et ne pas faire comme ces dernieres semaines à regarder les heures
tourner, voir mon reveil sonner, et rester plongée dans cette immobilité angoissante toute la journée.
Si jamais on me vire... Pourtant la peur ne me fait meme pas réagir. L'immobilité, toujours. Comme si au fond je cherchais à tout faire foirer. Cela fait
longtemps que je n'ai pas dormi. Pourtant j'aimerai me reveiller.
Jeudi 2 novembre 2006
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Des Nuits comme le Jour
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Venant de m'installer pour faire mes comptes - choses hautement facheuse pour une demie Smicarde - quelque chose m'est venu d'un coup d'un
seul.
Historiques de conversation chéris et relus souvent. Mails patiemment collectionnés depuis un an.
Je n'ai pas encore fait les photos. Trop dur les photos.
C'est pourtant pas grand chose d'appuyer sur la touche "suppr", mais tellement lourd de sens. On degage de doux souvenirs pour laisser de la place à un autre. Mais dans ma tete, ma toute petite
tete, des millions d'étoiles et des milliards de scènes. Des phrases entendues et repassées en boucle avant de m'endormir, au chaud, sous ma couette. Rien ne pourra jamais me les faire oublier,
ni detester. Parce que je l'aime encore et que je l'aimerai toujours, pour toujours. Le seul et l'unique, oui. Les suivants auront un autre gout, surement tout aussi plaisant, mais pas autant.
Ceux d'avant aussi.
Chips.
Soupe.
Raviolis.
Fromage.
Salade de pates.
Salade de surimi.
Pain aux cereales.
Miel Pops.
Lait.
Fromage.
Coca.
Ca aussi on degage de l'estomac, zou, v'lan. On tire la chasse.
La crise est finie.
Mercredi 1 novembre 2006
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L'intrus
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