Jeudi 28 juin 2007
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5h00 du matin. Fin d'une nuit horrible où mon estomac a decidé de me faire chier.

Hier soir j'ai mangé malgré le fait d'avoir deja mal, en ayant pris ca pour de la faim. Je me suis forcée à macher une petite salade, un morceau de pain et du fromage. Erreur ; ce matin j'ai l'impression que tout est encore dedans et je me suis fait violence pour ne rien vomir à cause des médicaments que j'ai pris. Un vrai supplice.

Reste le liquide, mais j'ai aussi bien du mal à finir mes bols de thé.

Je n'ai plus faim.

Mercredi 27 juin 2007
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L'intrus est une connasse.

Une sangsue bien dodue.

Elle fait presque tout à ma place.

L'intrus est une connasse.



Maintenant que tu as eu ta minute de gloire, degages de dedans moi.
Lundi 25 juin 2007
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Sauf qu'aujourd'hui nous sommes vendredi.

Mes parents me rendront visite dimanche, et ils viennent toujours avec pleins de courses. Je sais que de leur part c'est adorable, enfin surtout de la part de ma mère, mais elle me ramene toujours des choses que je lui dis de ne pas ramener ; pates, patates, encas sucrés, jus de fruits, charcuterie, plats cuisinés, fruits, etc.

A chaque fois que je l'ai au telephone et qu'elle me demande ce que j'aimerai, je reponds toujours "De la salade et du blanc de dinde, du fromage, des yaourts 0%... et rien d'autre s'il te plait je suis au régime !". Evidemment tout le monde sait que je ne suis pas au regime, mais quand j'ai de la salade dans mon frigo, je ne fais pas de crises.

Et à chaque fois ca loupe pas, je me retrouve avec un régiment de junk food pour un mois. Je devrais m'estimer heureuse puisque des courses comme ca, c'est vraiment tout ce qu'ils peuvent faire pour m'aider financierement. Seulement quand je vois cette tonne de bouffe dans mon frigo, dans mon placard, je pense aux dizaines de kilos que je prendrai, alors moi ca me rend dingue, je commence à tout manger jusqu'à l'éclatement, je fais tout cuire en meme temps, mon lino est recouvert de sachets eventrés, mon bureau d'assiettes empilées.

Elle achete toujours à peu pres les memes choses, ce qui fait que je sais exactement quelle consistance donner aux mélanges, à quel moment je dois boire plus, dans quel ordre ... pour le rituel final.

Et puis je m'en veux. Parce qu'en disant tout ca c'est ma mere que je condamne, à la faire passer pour une vilaine aveugle qui rend sa fille malade malgré elle.

***

Quand je fais une crise, je ne pense pas souvent à mon poids ni à mon corps, et l'on me demande souvent ce qui declenche mes crises. Je reponds toujours que c'est variable ; je pense souvent à mes parents, à ce que je leur ai fais subir et reciproquement, à ce qu'ils ne savent pas. En ce moment j'aurai bien envie de m'eclater toute seule l'estomac et crever ; entre ma peur d'avoir rendu malade mon homme, le stress de la visite de mes parents dimanche, ma solitude, ma febrilité, ma prise de poids...

Vendredi 22 juin 2007
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"A Cochin, vous pourrez aller y faire vos prelevements et analyses, c'est gratuit..."


Oui sauf qu'à Cochin, aussi gentils soient-ils, ils ne font pas de prelevements quand on a ses menstruations. Ah ben non, on fait pas de prelevement quand vous avez vos... Ok. Merci. A la semaine prochaine.

Donc il faut attendre jusque mercredi, je n'ai evidemment pas le droit de prendre mon traitement jusqu'à ces analyses, ce qui est assez formidable j'avoue. D'ici là je suis certaine que je n'aurai plus aucun traitement à prendre puisque je serai MORTE. Je met tout mon espoir dans le Doliprane 1000 - un cachet toute les 3h, et Ocean Spray Cranberry - une bouteille toute les heures.

J'espere aussi que Chéri-Chéri n'ait rien de plus à cause de moi. J'angoisse deja pour lui, je me dis qu'il va etre malade, que ca va etre de ma faute, que je l'aime et que je ne voulais pas lui faire de mal, que je ne savais pas.

Ce genre de petite chose pas tres grave c'est en général pas tres grave, justement. Ca sert de lecon à la limite, tu te soigne bien et c'est reparti. Mais dans son contexte ca prend des proportions angoissantes, stressantes. Le moindre signe de fievre ou de febrilité, le moindre bobo est presque synonyme de mort, toujours ; tu sens que ca plane bien au dessus d'un coup, qu'il y a un gros nuage tout noir rien que pour lui ( et donc, pour toi ).

L'ambiance devient grave, le silence s'installe. Y'a plus rien à faire d'autre que d'attendre.

Vendredi 22 juin 2007
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Il y a eu ce soir là, lui allongé sur mon lit et moi dans ses bras, et cet article dans mon magazine de gonzesse disant qu'il fallait se lacher et vivre. J'en avais envie depuis qu'il était rentré mais ca restait au fond de ma gorge, comme si j'avais peur ou que c'était mal. Et puis je me suis lancée ; je l'ai regardé jusqu'au fond de lui, posé mes mains sur son visage, pris ma respiration.

"Je t'aime..."

Je n'ai pas cessé de le lui repeter pendant cinq bonnes minutes, comme si je l'avais trop contenu. Il a dû me prendre pour une folle. Ca m'a fait tellement mal de prononcer ces mots interdits, mais j'étais heureuse de le pouvoir avec lui...

Parfois quand nous faisons l'amour, j'ai ce besoin de le lui dire yeux dans les yeux, encore et encore et encore, parce que ca vient de loin, d'un endroit que je croyais mort depuis un bout de temps.

C'est juste la verité.
Pas besoin d'en faire un roman.

Mardi 19 juin 2007
publié dans : Sweet ( Painful ) Love ajouter un commentaire
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J'ai echoué. Ce n'est pas faute d'avoir fait des efforts, mais à chaque fois, les crises reviennent de plus belle, plus violentes encore, plus affaiblissantes comme si Elle voulait se venger.

Ces deux derniers jours j'ai fais une dizaine de crises. Avec de l'eau, avec de la nourriture, n'importe quoi pour obtenir le meme effet anesthésiant dans mon dedans. Contre l'angoisse. Contre la peur.

Aujourd'hui je le paye affreusement bien. Ca a commencé cette nuit, un sommeil entrecoupé chaque heure, un debut de mal de crane, des crampes... Et ce matin, c'etait la totale ; nausée, faiblesse musculaire, inactivité de l'estomac, vertiges, coeur qui s'accelere pour rien ou qui fait des poings de coté, mal de crane, l'impression d'avoir les yeux exhorbités - qui peut s'expliquer par le fait qu'ils sont tres solicités pendant la purge - et cette desagreable sensation que meme l'allongement est un effort. J'ai l'impression de mourir un peu. J'ai essayé de dormir, mais je n'y arrive pas. Maintenant en plus de tout ca je commence à avoir des courbatures. Magnifique.

Chéri-Chéri dit qu'il s'inquiete. Je lui ai dit que ca passerait, que ce n'etait pas grave. Il ne sait pas l'effort que ca demande de faire des efforts justement, de manger sans rien vomir ou meme d'y penser. Il ne sait pas le sentiment que c'est de planer juste apres, de se sentir légere légere légere comme un oiseau, d'avoir tout ce nuage noir au dessus de la tete qui s'en va, de pouvoir rire à pleine gorge, de sourire pour de vrai.
Il ne sait pas non plus ce que provoque le manque de crises ; des sueurs froides, des tremblements, de la nervosité explosive, l'envie de tuer quelqu'un pour de vrai, des maux d'estomac abominables à s'en cogner la tete contre les murs. Je ne supporte pas cet état. On pourrait me mettre une camisole que j'aurai assez de rage pour l'arracher et faire ma crise.

J'ai affreusement honte qu'il s'inquiete pour moi, et je culpabilise. Comment vivre une relation normale avec tout ca au quotidien ? Il ne supportera jamais, et il ne m'a pas encore vu en pleine crise, si ca arrive il va etre choqué, me voir comme un monstre, me quitter, m'abandonner.

Le moindre pretexte est alors bon pour chercher l'embrouille, lui tapper sur le systeme, et qu'il finisse par me dire que c'est fini. C'est extremement maso et egoiste mais je m'en contrefous, c'est bien mieux pour lui, il merite une relation calme, sans heurts, un truc avec des coeurs roses et des angelots qui chantonnent. Un truc beau. Et je ne peux pas lui offrir du beau.

Alors pars cours va-t'en.

Je vais t'y aider, ne t'inquiete pas.

Dimanche 17 juin 2007
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Depuis que j'ai recu mes allocations, cette petite chose à 79 euros me fait furieusement de l'oeil...
 

Respires...


***


Quel bonheur d'aller faire ses courses, apres plusieurs mois sans pouvoir le faire ! Et puis tous ces petits riens dont je me suis empressée de faire une reserve conséquente pour ne plus manquer de rien...

Ne pas oublier d'acheter mes billets de train.
Ne pas oublier d'acheter quelques stocks.

Essayer de faire le moins de crises possible, ou tout du moins, les diminuer considérablement. De toutes les manieres, il faut que je protege mes gencives. Peut-etre que c'est ca aussi un déclic ; faire quelque chose par rapport à quelqu'un, mais qui est tout aussi bonne pour nous...




Samedi 16 juin 2007
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Finalement tout s'est tres bien passé. Comme d'habitude je fais une montagne de tout. La fatalité ca doit etre génétique.

Et puis youpiyou tralala ! Je l'ai convaincu de faire mon tatouage, il sera placé un peu plus haut que le poignet car avec les veines il m'a dit que j'allais douiller severe. Mon motif est deja tout choisi :




Reste plus que la couleur. Je pense à un violet tres violet, et il sera de toute facon bordé de noir. Il me le fera dans deux semaines, mais je pense me laisser un peu de temps pour reflechir, faire un truc au feutre dans un premier temps pour bien me rendre compte.

Ce tatouage aura beaucoup de sens pour moi, car s'il lui arrive quelque chose, je l'aurai toujours lui sur moi.



( Chamallow Time. J'assume. )



Samedi 16 juin 2007
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Le plus dur pour moi aujourd'hui - puisque Chéri-Chéri revient sur Paris et que ce n'était pas prévu - ce sera d'arreter d'être rancuniere. De ne pas tirer la tronche. De ne pas faire mon autiste. D'etre petillante et souriante.

Ca me semble être un effort infaisable. C'est presque comme si je n'avais pas envie de le voir.

Il est 3h46 et je viens de me reveiller, pour tourner en rond. Je repense au livre qu'il a écrit et que j'ai lu en deux jours, à sa vie, son passé. Je me demande ce que je fous là, lui avec moi. Oh oui, on peut vraiment être heureux si on le veut, et on l'est deja pas mal juste nous deux.

Il y a moi avec mes complexes d'abandon / valeur / traumatisme, ralentissant un peu notre relation, lui donnant un sens compliqué quelques fois. Il y a lui et sa tendresse, son antipode magnifique aux idées recues. On peut vraiment etre heureux si on le veut, et quand je suis avec lui j'ai l'impression d'effleurer le bonheur du bout des doigts. Inexplicable.

Je lui ai demandé de me faire un tatouage ; une étoile au creux du poignet droit. Il ne veut pas, mais il ne sait pas que je suis aussi tétue que lui. Je ne vois pas l'interet d'aller chez un tatoueur car ca n'aurait plus aucun sens.


Cette nuit, j'ai juste l'impression de ne pas le meriter.


Jeudi 14 juin 2007
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