Demain c'est la Fete des Pères. La sacro sainte Fete des Pères.
J'ai lu pleins de forums où l'on trouve differents types d'enfants ; ceux qui sont tristes d'avoir un père disparu trop tot, ceux qui les deteste, et ceux qui les aime. Des trois cas je ne sais
pas à lequel il faudrait appartenir puisque j'ai un "3 en 1".
Mon père, il m'a toujours manqué. Trop distant. Trop silencieux. Trop absent.
Mon père, il m'a rendu malade. Colere. Il a jamais su quoi dire au bon moment, ni dire tout court, ni etre fier de moi, ni m'aimer, ni exprimer, ni montrer. Par contre il a toujours été tres fort
pour me faire mal, psychologiquement et physiquement.
Mon père, je l'aime quand meme. Parce que meme s'il a jamais su, ca reste mon papa. Et que mon papa quand j'etais petite il me prenait sur ses épaules parce que les herbes en vacances elles
etaient trop hautes. Mon papa il me courrait apres pour pas que je saute à pieds joints dans les flaques d'eau. Mon papa il se saignait pour que je parte en colonie de vacances chaque été pendant
un mois. Et je lui faisait des dessins. Et c'est moi qui coupait son gateau d'anniversaire avec la grosse pelle.
Et puis après, plus rien. L'alcool, tout ca.
Je sais plus ce qui s'est passé.
Samedi 17 juin 2006
publié dans :
Des Nuits comme le Jour
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Ne pas savoir quoi choisir entre manger pour vomir ou vomir pour manger.
Ne pas savoir si je dois monter ou non sur la balance.
Ne pas savoir si ca m'importe vraiment de maigrir ou pas.
Chacun devrait reflechir à la fourchette qu'il met dans sa bouche pour se nourrir. Se nourrir d'un peu de vie.
Manger c'est la vie.
A chaque fourchette je ne cesse de penser à lui, à eux. Je m'ennerve, alors ca s'emballe, et d'une simple assiette de salade verte j'en arrive à vider le frigo. Juste pour se venger de la
vie dont je me nourris. J'aurai bien essayé de me raisonner, de me calmer ; non ce n'est pas ma faute si je n'ai pas reussi à sauver mon pere ; non ce n'est pas ma faute si je n'ai pas reussi a
sauver ma mere ; non ce n'est pas ma faute si je n'ai pas reussi à sauver mon frere. Ni meme moi au final. Incapable de me sauver. Sauf que là c'est de ma faute. Alors pour tout le reste aussi
c'est de ma faute. Et puis il est parti. Alors c'est que probablement je n'en ai jamais fait assez pour
qu'il reste.
Chaque coup de fourchette est un coup de couteau en plein estomac. C'est presque une torture.
Qu'est ce qui pourra m'enlever cette culpabilité ?
Samedi 17 juin 2006
publié dans :
L'intrus
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Fort decidée à me faire des pates pour la derniere fois de ma vie - mon délire d'arreter de manger vous savez - je suis descendue guillerette
dans la cuisine en pensant que mon pere etait couché sauf que pas du tout.
J'en etais à ma deuxieme crise de la journée, sauvagement degueulées toutes les deux dans la douche, et ce plat de pates de ce soir je voulais le savourer, le "garder". Alors j'ai mis l'eau à
bouillir et posé une jolie assiette et pris un joli verre et je me suis assise. La surprise fut que mon pere entra dans la cuisine, m'embaumant de son alcool, de son haleine putride et de
ses reflexions desobligeantes, et je ne sais toujours pas maintenant si c'est la faim qui tappait dur dans mon ventre ou la fatigue d'avoir degueulé deux fois qui m'a rendue excecrablement
ennervée, mais c'est à partir de ce moment là que je me suis promis de ne plus jamais me laisser faire.
Une reflexion que je laisse passer. Une deuxieme. Pas la troisieme. Et la petite fille calme et sage que j'ai toujours été s'est transformée en volcan, crachant des insultes et des gestes
violents. J'ai fermé la porte tres fort sur mon pere quand j'ai vu qu'il s'approchait vers moi pour me corriger comme à l'habitude. J'ai claqué la porte si fort sur lui qu'il en a presque
trebuché, vascillant sous l'effet de l'alcool, surpris par l'inversement des roles. Il a re attaqué, j'ai bloqué la porte avec mon pied et je lui ai crié à travers les carreaux que j'en avais
marre, de son alcool, de lui, de ses reflexions, que plus jamais jamais il allait me parler parce que je ne voulais plus l'entendre, que j'en avais marre, encore, et j'ai hurlé tellement fort que
j'ai cru que j'allais degueuler.
J'ai re ouvert la porte. Je l'ai poussé pour passer. Je me suis retourner et je lui ai dis :
"Tu ne seras plus jamais mon pere."
Et je suis partie.
Et je m'en veux de tout ca au fond.
C'est ironique la vie parfois ; on reve de dire une chose qui nous a bouffé l'existence, on tente une psychotherapie pour faire sortir le mal, on se bourre de Prozac, de Xanax, de somniferes pour
pouvoir arreter de cauchemarder la nuit et occulter tant bien que mal, et une fois qu'on l'a dit cette chose, c'est un sentiment de culpabilité qui nous envahit ensuite. Cercle vicieux.
J'ai decidé de ne plus jamais avoir faim pour pallier à ce nouveau probleme.
Dimanche 4 juin 2006
publié dans :
L'intrus
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J'aimerai croire un jour qu'on m'aimera, qu'on me prenne dans ses bras et tout le reste.
Il me dit qu'il me fait souffrir parce qu'il ne m'aime pas. Je nie en affirmant que c'est le contraire, que passer chaque minute avec lui me procure une sensation de bonheur immense. Je
lui dis qu'il rencontrera une autre fille, une fille pour qui il ne se posera pas de question et qu'il aimera. Pourtant je reste encore ici parce que je l'aime, et que plus tard, j'aurai été
contente de m'être senti bien quelques heures encore avec lui.
Je vis chaque jour de la semaine avec la hate de le voir une petite nuit le week end. Je vis toujours dans l'attente que ca change, qu'il me dise "Non je me suis trompé, en fait je t'aime, et
je ne veux pas te perdre".
Et vous savez quoi ? La seule chose que je suis capable de faire, ce n'est pas de prendre les devants, de partir moi meme pour ne pas souffrir. Non.
La seule chose que je suis capable de faire c'est de profiter de chaque instants passés dans ses bras, le coeur brisé et les yeux pleins d'étoiles.
Jeudi 1 juin 2006
publié dans :
Sweet ( Painful ) Love
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