J'adore l'ecouter parler. Des heures. Trois soirs de suite, et tout ce lui-meme qui me fait l'admirer tendrement ; quand il a ouvert la porte du Vécu je suis sur un nuage, bouche bée et l'oeil brillant. Ce n'est pas un phénomene de foire et il est juste unique. Je prends mon air de pas y toucher, ni meme y songer, sauf que tout le monde connait bien la fin de l'histoire.

Une histoire remplie de distance, de manque, d'impossibilités. Une histoire qui me donnera envie de tout lacher pour ne pas crever sous une attente qui me rendrait hystérique. Et cette difference d'age, et toutes ces questions que je n'ai pas le droit de poser. Une histoire ephemere.


***

T'écoutes peut-être comme moi :
A Good Man is Hard to Find - Sufjan Stevens



Vendredi 25 mai 2007
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Jeudi 24 mai 2007
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Mercredi 23 mai 2007
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Je suis dans une grande salle de reception, avec des tables joliment décorées. Ma grand mere, mon grand pere, ma mere, des tantes, des oncles et mon pere. Je les rejoins tout juste avec mon amoureux, qui s'appelle Julien Givenchy (???) et qui ressemble trait pour trait au vendeur de chez Boulinier. Il me fait rire mais nous ne sommes pas du tout du meme milieu social. On a regardé la lune, la nuit, la pluie quelques instants plus tot dans un hamac, dehors. Choubidou wouah. Il me dit qu'il me trouve jolie et m'embrasse tout le temps.

On s'assoie en bout de table. C'est mon anniversaire. Il me montre les photos de sa famille et de son frere, et on mange de la chantilly dans de grandes coupes roses.

Je change de place pour aller à l'exact opposé de la table et mon gateau d'anniversaire arrive. On sert les parts mais on m'oublie. Je ne vois plus Julien, et pendant tout le temps où je le cherche dans la masse, un bruit me fait detourner le regard ; c'est mon pere qui mange bruyamment et qui boit à coté de moi. Il commence à deblaterer je ne sais quoi, et je vois les regards étonnés des invités. Il commence à hurler. Tout le monde me regarde et me témoigne leur gène et leur honte. Je ne peux plus bouger, je suis bloquée. Je n'ose meme plus regarder mon pere et je baisse la tête.

Et puis soudain je me leve, et prend mon pere par le bras pour l'emmener dormir dans une pièce à coté, une piece sombre. Je ne le vois meme pas se coucher dans le grand lit.

Je ne suis jamais revenue à la reception, je me suis reveillée avant. Avec la migraine et en nage.



Les voix sont revenues.

Dimanche 20 mai 2007
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7h00. Cauchemar trop pourri. La gerbe d'un coup. Acide. Reveil en sursaut. Mon père pleurait. Cigarette. Cigarettes. Les voix sont parties.

Elles sont parties.

Donc c'est reparti.

Les gens qu'il faut voir maintenant que c'est calme dans ma tete, les choses à faire, les courses. Pas de courses finalement. Une douche trop chaude.  Prendre rdv à Tony&Guy. Faire mon menage. Ranger aspirer vider laver recurer faire mousser frotter javeliser et laisser secher. Et puis le calme. Et puis rien. Juste l'estomac qui se tord encore et ca passe pas.

Trois semaines que je n'avais pas fait de crise aussi violente, aussi tot le matin.

Et la vie continue. That's all folks.

Jeudi 17 mai 2007
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On Parade des jeunettes d'Electrelane, enchainé d'un Pardon My Freedom de !!!.  Poum poum poum. Apres tu prends une petite pause avec Sunshine & Clouds & Every Proud - Clap Your Hand Say Yeah, tu passe à Your Servant to the Ground de Nosfell qui est un peu plus ennervé, et tranquille t'atteris sur l'Auberge du Mouton Noir - Do Make Say Think. Ding ding.

Apres tout ca, fermes un peu les yeux tu verras ca va te prendre du dedans ; Love-Me-2 de Joakim, My Body is a Cage d'Arcade Fire, Mount Wroclai - Beirut, et en toute fin pour finir completement fibromalgique de la bonne humeur tu t'acheve avec Where is my love de Cat Power.


8 morceaux. 39 minutes, le temps d'un métro.

Mardi 15 mai 2007
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... il y a John Frusciante, dont je me fais une cure depuis hier pour remplacer Modest Mouse.

 
Monomaniaque, la fille. Parfaitement.


Dimanche 13 mai 2007
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C'est fini je n'aime plus personne. C'est pour les autres c'est pas pour moi, j'y croyais encore un petit peu mais fallait pas. Tu te fais du mal.

Tous pareil.
Tous pareil...

Et ils t'oublient, et ils font les morts, et c'est jamais possible au fond. Toujours la meme chose ; toujours pleins de oui mais et de parano, de murs qu'ils te dressent, de choses à prouver, d'annulation de rendez-vous, d'attente interminable, d'heures de préparation pour etre jolie pour rien, de matins seule dans ton lit, de déceptions persistantes et de satisfactions éphémeres.

Meme si jamais ca revient c'est fini, c'est tout mort dans mon dedans. J'ai trop aimé pour rien. Pour que dalle. Pour des cons. En demandant pas beaucoup, le pire, en demandant pas beaucoup. Un coup de fil, un bisou, de l'attention, une présence. Je me meurs de toutes ces nuits toute seule, j'en creve de tourner en rond en me hurlant intérieurement que quelqu'un m'aime, que quelqu'un m'aime... Et jamais personne ni ailleurs ni nulle part.


Oui, je sais ce que tu vas me dire ; tout ca c'est pathologique, on s'en remet tres bien, et l'important dans une vie ce n'est pas d'être avec quelqu'un. Discours parfait de quelqu'un qui a deja quelqu'un et qui n'est plus seul. Get off my cloud.

Dimanche 13 mai 2007
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Il y a eu le premier quand j'avais 16 ans, amoureux de sa belle-soeur, qui faisait semblant de ne pas me connaitre en cours, et avec qui je baisais en cachette chez lui à la sortie du lycée.

Il y a eu le deuxieme, marié, de 10 ans mon ainé, et qui m'a trainé dans les partouzes, les boites à cul et les trios. J'avais 17 ans.

Il y a eu le troisieme, pendant un an, jusqu'à mes 20 ans.

Le quatrieme à 22 ans. A quitté sa femme qu'il allait épouser.

Le cinquième pendant huit mois. Mon gros coup de foudre. Rupture rapide, puis revenu, puis rupture. J'avais 23 ans. Nous faisons l'amour encore quelques fois aujourd'hui, de plus en plus violemment. De la baise pure et simple. Je ne l'aime plus, j'ai juste beaucoup d'affection pour lui.

Le sixieme il y a deux mois. Un depressif. Aucun commentaire.


***


Je ne compte pas ceux qu'il y a eu entre tout ceux là, les plans d'un soir minables, les espoirs tristes, les indecis. Ni ceux d'avant le premier - car il y en a eu mais je ne comprenais pas trop ce qu'on me faisait.

Je n'ai jamais eu une forte opinion des hommes. Si tu me demande ce que j'en pense, dans ma tete les noms d'oiseaux fusent rapidement et de ma bouche sort tout le contraire ; on y entendra les mots "compassion", "comprehension", "patience", "affection" et "spécial". Des montagnes et des montagnes de gentillesse sans compter. Au final, ils sont tous condamnés à devenir des alcoolo au premier apéritif pris en ma compagnie, scénario fataliste que je leur attribue grâce à mon père.

Le pire c'est qu'étant une maso pure et parfaite, je continue d'y croire. J'arrive à un age où la majorité des filles qui m'entourent sont en couple, fiancées, pretes à avoir des enfants. Quelque soit leur milieu social ou leur ville d'habitation. Les autres restantes ont juste une vie sociale très remplie. Et moi je suis là, à vouloir encore faire des soirées pyjamas, à valdinguer entre psy et assistante sociale, à me blottir contre le premier venu. Je ne suis pas enchainée et c'est une chance, sauf que parfois j'estime que ca suffit et qu'il faut construire des choses avec quelqu'un. Pas un marathon de la baise, pas d'histoires pour se dire que l'on n'est pas seule, juste un truc simple, bien, sincère, perenne.



Parfois j'ai l'impression d'en demander de trop, ou d'avoir une vie antérieure pas tres glorieuse qu'il faudra payer par mille générations.


Jeudi 3 mai 2007
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On a seulement ce que l'on merite dans la vie. Et c'est tout.

Privée de mon chequier, je ne peux plus faire de courses, ni me consacrer à mes crises chéries. Les soirées me semblent tellement longues, tellement plates. J'aimerai retourner à cette époque fantastique où ne rien manger etait jouissif, me sentir vide de plus en plus, et forte, et intouchable.

Aujourd'hui, si je ne mange pas de la journée j'ai la certitude de passer une soirée douloureuse ; l'estomac se tordant dans tous les sens et qu'il faut calmer à coup de thé chaud, l'angoisse du vide et la fameuse crise d'hypoglycemie qui me fait avoir de sacrés tremblements et vacillements.

Pour esperer ne plus rien ressentir, je me met la tete dans le travail, et bien evidemment, j'evite les gens car ils sont une source d'ennervement ou de deception, qui auraient un effet encore plus douloureux sur mon estomac. Cette foutue connerie de tout intérioriser.

La semaine prochaine j'aurai normalement droit aux colis repas, dixit l'assistante sociale. Elle me pose des questions sur mon projet, et evidemment à force d'en parler j'ai de moins en moins confiance en moi, en ma capacité de réussir. Je me vois assise là, en face d'une psychiatre, d'une assistante sociale, de mon banquier, je me vois sans le sou et ces mises en demeure de payer qui s'accumulent, croisant les doigts pour obtenir un fond de solidarité ou des colis repas ... Comment pourrait-on avoir la pretention de reussir un projet alors qu'on ne s'en sort meme pas toute seule ?

Ce soir il ne faut pas trop m'en demander. Je me connais, je vais sombrer quelques heures dans la deprime et demain tout ira bien. Tout ira bien. Tout ira bien.

Mardi 1 mai 2007
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