... little agony", dit cette vieille chanson des Smashing Pumpkins. Toute ma jeunesse. Adore est quand meme l'album que j'ai dû écouter le plus en boucle après les Cranberries à cette époque.

Aujourd'hui soleil ; au travail, on descend fumer nos cigarettes dehors, mon commercial homo est de plus en plus obsedé, et je le vois s'agiter, me parler de bite en pleine rue à travers les rayons tout chauds qui m'eblouissent, les fenetres du call center sont ouvertes et on se croirait presque en été.
J'ai eu deux déclarations d'amour de mes collègues hier ; une d'abord de la stagiaire marketing qui dit qu'elle m'aime bien parcequejesuisgentilleettoujourssouriante, une autre de l'assistante commerciale à qui j'ai manqué et qui s'inquietait.

Lui non plus ne m'a pas quittée, meme si au final je me sens toujours peinée, et que je ne sais plus ce que nous sommes. Il m'envoit de petits textos l'air de rien, ne me snobbe pas, me parle et est adorable au point de me rapporter du sucre un dimanche soir et d'autres choses, avec le sourire et la tendresse qu'il faut. Un ange.



Et le reste, finalement. Après une très intense période à creuser mon ravin, j'ai saisi une corde qui sort de je-ne-sais-où, et je grimpe. Car j'ai surtout envie de grimper. Je me bouge les ovaires au point qu'à 22h je m'endors comme une merde, encore habillée sur mon lit, avec l'ordinateur qui tourne à coté de ma tete. Ma psy me dirait surement que je fais tout cela pour dissimuler mes conneries, et que finalement toute l'energie accordée ici j'aurai dû l'utiliser pour les bonnes choses.

Sauf que je suis bien incapable de finir quoique ce soit,
.par peur
.par ennui
.que j'ai toujours été comme ca
.que je ne regrette rien
.meme si j'aurai pû devenir une personne de beaucoup plus de valeur le cas contraire.


Mais là, tout de suite maintenant, je me sens bien. Il fait beau, mes collègues m'aiment, lui aussi un peu je crois, je me sens légère parce que je n'ai pas mangé depuis lundi dernier et que j'ai perdu quatre kilos, si ce n'est plus - période rouge oblige, ca fausse les resultats. J'aime cette sensation d'être vide, de ne plus avoir faim, jamais, de se suractiver, d'etre férocement forte dans tout cet auto-controle, et que le moindre probleme n'est qu'une broutille qu'on peut essuyer d'un revers de main.


Ne plus manger c'est comme un très bon anti-depresseur ; tout est une question de chimique organique.


Mercredi 28 mars 2007
publié dans : Petites Choses du Quotidien ajouter un commentaire
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ELLE - Vous avez des nouvelles de vos parents ?


MOI - Ma mere m'appelle souvent, sauf que je ne repond presque jamais. Ils sont venus à la maison il y a deux semaines et c'etait l'horreur ; les deux s'accordent à parler en meme temps et moi je dois jouer au ping pong avec deux raquettes pour répondre et n'en defavoriser aucun. Et puis je crois que ma mere est folle.


ELLE - Comment ca ?

MOI - Elle m'appelle parfois très tard, passé minuit. Elle ne se rappelle pas de m'avoir appellé la veille, ou me repete des choses deja dites et ne s'en souvient plus. De maniere générale, j'ai l'impression qu'elle perd la boule. Et ca me rend triste.


ELLE - Et votre père ?

MOI - Mon pere lui gueule dessus. C'est tout ce qu'il sait faire.


ELLE - Qu'est ce que vous pensez de tout ca, qu'est ce que vous ressentez.

MOI - C'est debile, il y a tellement de gens qui souffrent pour de bonnes raisons, et moi je suis là avec toute cette merde dans la tete. Je me sens coupable, parce que ma mere, je l'aime, et c'est moi qui l'ai rendue folle. Oui, si elle est folle c'est de ma faute. J'aurai dû etre plus facile, moins debile, moins grosse, plus présente, plus affectueuse. Et j'ai jamais été tout ca, et j'en creve, si vous saviez comme j'en creve.


ELLE - Vous n'avez pas mangé depuis combien de temps ?

MOI - Depuis 5 jours.


---

Tout ces problemes que je m'invente, tout ces gens qui me quittent ; est ce finalement si important que ca ?

J'aime l'idée de ne pas me laisser abbattre, de rebondir, de me sortir les doigts du cul et de faire en sorte que les choses aillent bien. J'ai fait beaucoup d'efforts pour m'améliorer, meme si je merde encore sur pas mal de choses. Pourtant au final ; du chemin parcouru, des changements, des évolutions. Et beaucoup de chance. A partir de là, tu peux retourner le truc dans tout les sens car je ne suis qu'une sale petite chialeuse.

Mais je serai toujours pessimiste et je me tue moi-meme à petit feu ; à pas manger, à pas dormir, à tout vomir, à m'attacher à des gens qui m'abandonnent. Les seules choses que je n'ai pas reussi à changer.



Je ne crois pas à la longévité quand on a pas été pardonnée.


Samedi 24 mars 2007
publié dans : Sur le Divan ajouter un commentaire
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Lundi 19 mars 2007
publié dans : Celle qui aimait... ajouter un commentaire
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Après une nuit remplie de non sommeil et d'angoisses en tout genre, Mademoiselle Gargantua aime camper devant son supermarché préféré à neuf heures pétantes. Chargée de son sac de voyage à roulettes - il ne faudrait quand meme pas qu'elle se fasse mal aux mains en portant tous ces gros sacs  en plastique, et puis entre nous, l'image est moins drole - elle entre d'un pas décidé et zappe le rayon des fruits et légumes, pour se diriger tout droit vers celui des junk food.

Mademoiselle Gargantua n'aime pas ; la viande non hachée, le riz, les pates, les petits gateaux fourrés, le Nutella, le pain, et toute sorte d'autres aliments compacts dont elle ne pourrait jamais se debarrasser le moment opportun.

Mademoiselle Gargantua aime ; le Coca Cola Light, les pains au chocolat, le jambon, les chips, les Kinder Country, les raviolis, la purée de carotte, et tout sorte d'autres aliments qu'elle pourrait presque avaler sans macher.

Elle déhambule dans les rayons, ses yeux s'ecarquillant devant les étalages remplis du sol au plafond. Et elle trépigne Mademoiselle Gargantua, elle trépigne, frénétique d'avance de sa Binge&Purge Party.

La suite de l'histoire tout le monde la connait ; transportée dans un monde parallèle, elle s'envoya en l'air la tete vers le bas. Et Mademoiselle Gargantua reparti vers d'autres non-aventures pour combler davantage sa non-vie.

***

Combien de tonne de bouffe faut-il pour remplir le vide qui se trouve exactement entre l'estomac et l'epaule gauche ?

( Accessoirement : Est ce qu'on peut considerer que d'écouter Dramamine en boucle releve du pathologique ? )




Lundi 19 mars 2007
publié dans : L'intrus ajouter un commentaire
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Et ces putains de vieux demons. Et ces putains de vieux demons. Et ces putains de vieux demons.
Repetez après moi, trois fois. Pour conjurer le sort, pour qu'ils s'en aillent, pour que je puisse dormir.

Et toi, j'aimerai bien que tu degage un peu de ma vie. Tu peux le reprendre, je te le laisse, je sais que tu aime bien jouer avec les gens, je sais que tu vas bien t'en servir comme filet de sécurité. Pour ne pas etre oubliée. Pour ne pas etre oubliée. Pour ne pas etre oubliée. Repetes après moi, trois fois. Petite fille idiote et paumée.

Et l'abandon. Et les larmes. Et les cris.



Ce tout est de plus en plus infect. Je pense qu'il faut en finir avec tout ca. Les nuits blanches ont beau être comme une sorte de petite mort, mais tout recommence, tout ; les gens, les situations, les espoirs, les joies, les desillusions, le cul, l'amour, tes silences, ton rejet, être dans tes bras, la gerbe le sang et la folie. Toujours la folie. Toujours la nuit. Et de plus en plus le jour.


Silk Cut.
Flush.

Tu vois je mens, j'avais dis jamais plus jamais. Le sang encore.
Et cette pensée récurente qui me fait me tapper la tete contre les murs ; Je n'y
arrive pas ou bien Il est parti.
Ton odeur dans mon lit.

Et l'abandon. Et les larmes. Et les cris.

Dimanche 18 mars 2007
publié dans : Sweet ( Painful ) Love ajouter un commentaire
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Antony & the Johnsons - I am a Bird Now

Samedi 10 mars 2007
publié dans : Celle qui aimait... ajouter un commentaire
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J'ai fait comme à l'habitude. Tout. Penchée en avant, les doigts bien au fond de la gorge et cette putridité qui s'ecrasait lourdement sur la faïence en plusieurs fois. Exactement pareil. C'etait une crise comme les autres. Rien de plus, rien de moins.
Mais cette fois il y avait du sang ; d'abord quelques gouttes, puis l'hemorragie se melant à tout ce vomi. J'ai paniqué. Je me suis redressée et j'ai fais un malaise, allongée sur le minuscule espace entre ma douche et mon lavabo, tremblante et puante.

J'ai cru mourir à cet instant précis. Toute seule chez moi, dans ma bile et dans mon sang.

En reprenant mes esprits je me suis demandé où j'étais, si j'étais morte ou si j'allais clamser immédiatement. Je me suis regardée dans la glace ; sang etendu du nez au menton, yeux rougis, et cette odeur envahissante qui m'asphyxiait presque. Toute la scene me revenait, et j'ai pleuré comme jamais parce que j'ai eu peur, tellement peur.



Mon Dieu, sur ma vie, plus jamais jamais je ne ferai de crises. Je le promet.




 
Dimanche 4 mars 2007
publié dans : L'intrus ajouter un commentaire
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Vendredi 2 mars 2007
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L'avantage et l'inconvenient des nuits blanches, c'est qu'on a l'impression de vivre deux semaines en une seule. Il faut être reveillée le jour ; pour faire ce que chaque individu normal doit faire. Il faut être reveillée la nuit ; pour ne pas laisser place à la peur.

Il me semble que mes premieres nuits sans sommeil datent de quand j'etais seule, pendant que mes parents etaient absents plusieurs jours de suite. Je me souviens de m'etre sentie toute petite dans cette grande maison. Et puis surtout ce lourd silence ; celui-là meme qui pousse à la suractivité auditive et visuelle, qui a ceci de malsain qu'il ne recommence que lorsque tout est fini. Alors tu fais en sorte que rien ne finisse jamais au fond ; tu alignes, tu mets bout à bout, parfois meme plusieurs choses en meme temps. Il me tuait ce silence, il m'etouffait, il me faisait bien comprendre qu'ici il n'y avait personne avec moi ni pour me dire que tout allait bien.


Aurore vient dormir à la maison toutes les semaines, et lui aussi. Je peine toujours à m'endormir, comme si c'était mal, comme si je ne devais pas. Je reste les yeux grand ouverts dans le noir, j'inspire à fond, j'essaye de me detendre, et bien souvent il faut que je m'y reprenne à plusieurs fois avant de fermer les yeux et de m'assoupir. Mais meme avec ca, je me reveille toujours toutes les heures, reglée à la perfection.

Et puis cette nuit, un "Je suis bien dans tes bras..." chuchoté à mon oreille.
Et je me suis effondrée de sommeil.
Et j'ai remarquablement bien dormi ; sans cauchemars, sans angoisse, sans reveil, sans cris.



J'adore quand tu es mon somnifère.


Vendredi 2 mars 2007
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