Il est 4h00.

Cela fait deux semaines que je tiens sans crises. Mais cette nuit je ne peux pas. Elle vient comme si il y avait eu trop d'attente ; fulgurante, violente, répétitive. Fatiguante aussi. Je commence debout penchée en avant, et je finis agenouillée devant ce tout, les jambes trop faibles et trop tremblantes. Et ces images qui ne s'en vont pas de ma tete, qui tournent en boucle, qui angoissent.

Je me regarde dans la glace et je me degoute.

A partir de là, je retombe dans mes travers. Il ne faut pas manger, et boire beaucoup de thé, de café, et fumer aussi. J'imagine qu'avec la relation que je suis en train de vivre, je ne pourrais pas cacher ca bien longtemps, et qu'il va falloir mentir encore, dissimuler la honte, et faire comme si tout allait bien.

La raison de tout cela, si j'y reflechis deux secondes - non, ne te mens pas, tu le sais tres bien ce qui declenche tes crises - c'est peut-etre parce que je ne me sens pas à la hauteur, que je ne suis qu'une nulle inconsistante, et je ne comprends pas qu'il ne l'ai pas encore remarqué. J'ai peur. Ne me quittes pas. Ne me quittes pas. Ne me quittes pas. Ne me quittes pas. Ne me quittes pas. Ne me quittes pas. Ne me quittes pas.

Tu as beau supplier, petite fille, mais lui aussi va se barrer. Tu n'es pas celle dont il reve.

Et il n'y a rien d'autre à comprendre.




NB : Ce soir, à la fin d'un mail ; un "Je pense à toi" entre parentheses. J'ai vu, j'ai lu, relu, et re-relu cette simple phrase. J'etais toute chose. Oh my God ! Voila que je m'extasie sur des mots toute seule comme une conne...

Mercredi 28 février 2007
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Moins cinq. Moins lourde. Moins conne. Moins moi. Moins toi aussi.

Get off my cloud.



Mardi 27 février 2007
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ELLE  - Alors Mademoiselle, vous avez retrouvé le chemin pour venir jusqu'ici on dirait ... ?

MOI - Oui. Oui oui. Ca faisait un mois que je suis pas venue. Je ne suis pas venue non plus prendre mon traitement. Et maintenant je ne dors plus. C'est le troisieme jour. Je suis fatiguée, bien sur, mais je n'ai pas envie de dormir. Je suis venue aujourd'hui, et pourtant je n'ai rien à dire de special. Je suis vide. C'est un peu comme si j'etais morte, sauf que je respire.

ELLE
- Vous arrivez à aller travailler comme ca ?

MOI
- Je suis fatiguée mais ca va. Je pense à autre chose, je bouge, je m'active, je vois des gens aussi. Des gens tres bien qui me font rire. Hier soir par exemple, j'avais deux personnes chez moi, et j'ai beaucoup ri. J'avais l'impression que ca faisait une plombe que ca ne m'etait pas arrivé de rire comme ca.  Je pense sincerement qu'on a touché le fond une fois qu'on se rend compte de ce recouvrement de sensation.

ELLE
- Et votre situation financiere ?

MOI
- Ne me parlez pas de choses qui fachent...
*silence*
Disons que je fais ce qu'il faut pour payer mon loyer, ne pas faire n'importe quoi en souscrivant des trucs avec n'importe qui. Ca se retabli petit à petit.

ELLE
- Vous m'aviez dit que quand vous ne sortiez pas de chez vous, vos journées etaient uniquement consacrées à vos crises je crois...

MOI
- Je n'ai pas fais de crises depuis au moins deux semaines ; d'abord parce que j'avais une angine blanche, et aussi parce que je me rend compte que ca me coute cher, aussi bien financierement que physiquement.
Et puis là, j'ai envie de me ballader, de voir des choses, des gens, sortir dehors, main dans la main, avec un rayon de soleil si possible, ou sinon boire un café sur une terrasse le soir et parler, et le regarder, et puis l'aimer. Il s'en irait s'il savait ; la boulimie ca fait tache dans tout ca.

---------

La verité, c'est que j'ai juste l'impression d'etre en sursis. Je sais que lui aussi va s'en aller, que ca ne durera jamais aussi longtemps que je le veux, que je ne suis pas "Celle", parce qu'il n'est pas bien ici. Mais j'ai envie quand meme. Et c'est merveilleux parce qu'au final, c'est la premiere fois que je vis ca. Quelqu'un qui n'est pas loin, que je ne vois pas juste le week-end, qui est dispo ...

Oh oui, j'entends deja ce que tu vas me dire ; que je ne suis qu'une putain de fille facile, qui change régulierement de mec. Mon tord, je vais te le dire ; c'est juste de vouloir etre aimée et de vouloir construire un truc bien. Sauf que je n'y arrive jamais.


Et tu veux que je te dise aussi ? Finalement tu es comme moi.
Le blasement en plus.

Vendredi 23 février 2007
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end, "Bon... Alors par contre, si ca ne passe pas dans 3 jours, il faut faire une prise de sang pour verifier que c'est pas une mononucleose infectieuse..."

Merci Docteur.

D'une simple griffure on en arrive à une angine blanche. J'ai chaud, j'ai froid, j'ai soif, j'ai l'impression d'etre sous LSD, mais tout va bien, merci. Ca fait bien longtemps que je n'avais pas été aussi malade à en pleurer. Oui, je n'ai beau avoir que ca, mais les angines blanches quand tu as eu la bonne idée de la laisser trainer, ca donne quelque chose de merveilleux....

Comme tu manges plus, comme tu dors plus, comme tu restes au lit à comater, tu reflechis de trop, forcement. L'analyse systematique, c'est peut etre ce qui me rend aussi pénible finalement.

Et pourquoi, et comment, et est-ce que ca va aller, et est-ce que c'est pas des blagues ou du chiqué, et mais est ce que tu m'aimes bien dis, et est ce que tu me gardera avec toi... La ChamallowGirl dans toute sa splendeur.
On aimerait bien que ca continue, que ce soit joli, que ca devienne officiel ou concret. Mais le fait est que c'est devenu juste moins euphorique, tiède, parce que lui aussi tu sais qu'il va fuir. On ne s'imagine plus du tout pleins de trucs ; il faut se proteger. Les papillons dans le ventre ne sont plus là.

J'ai juste l'impression d'être une vieille fille aigrie.

Et puis les ex... Ah ! Les ex... Toujours presentes, toujours pesantes. Ca vous titille doucement l'estomac, ca vous le retourne en moins de deux. C'est le complexe de l'Ex ; celle qu'il a aimé, celle qui a compté, celle qui a illuminé son existence... Et puis toi t'es là, plantée devant cette certitude, et tu te dis que tu ne seras jamais mieux qu'elle. Toujours plus stupide. Minable. Futile. Moins bien.

Et puis... Quand on se rend compte que meme des personnes qui vous connaissent depuis des années sont capables de se tromper sur vous, QUI peut vous connaitre réellement ?



( NB : Hier, je suis tombé amoureuse d'un morceau... Oui oui... Bruxellisation d'Electric Soft Parade. )





Vendredi 16 février 2007
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J'ai la gorge en morceaux. J'ai dû me griffer ou je ne sais quoi ; la bonne idée de se laisser pousser les ongles de la main droite. J'ai du mal à deglutir, c'est comme une angine, du coté gauche et ca dure depuis un peu plus d'une semaine. Je m'imagine avoir une infection qui monte petit à petit jusqu'à mon oreille, et mourir doucement d'une hemoragie gorgesque.

Ensuite.
Ce matin, après mon shampooing, je retrouve dans mon bac de douche une poignée de cheveux. Et quand je dis une poignée, ce n'etait pas juste une dizaine de cheveux, c'etait un peu comme après une coupe chez le coiffeur et qu'on retrouve ses longueurs effilées par terre. J'ai hurlé.

Hier soir j'ai revu Florent, un peu desesperée, et surtout pour ne pas rester seule.

"Tu as les dents blanches c'est incroyable, mais je ne sais pas, on dirait qu'elles deviennent de plus en plus pointues..."

Je n'ai plus osé sourire du reste de la soirée.

J'ai constaté par les paroles d'un autre ma déchéance physique et morale. Et puis je me suis blottie dans ses bras, pour pleurer un peu, et puis l'écouter me parler, et je me suis endormie comme une merde, presque apaisée de trouver quelque chose de reconfortant depuis quelques semaines.
Visiblement il reste une personne sur cette terre que je n'ai pas fait fuir.
Ce matin en partant, il m'a dit "Prends soin de toi". L'air triste. D'aussi loin que je me souvienne, meme quand on était ensemble tous les deux, je ne l'avais jamais vu avec un regard aussi triste.

J'ai fermé la porte, et je suis restée là un moment. Debout, en face de la porte.
Ensuite c'etait de la rage que j'ai ressenti. Je me suis retournée, j'ai saisi un grand sac poubelle dans lequel j'ai jeté frénétiquement tout ce qui me restait de mangeable ; pates, petits gateaux, steacks hachés, bonbons, glace au chocolat. Des sucreries dont je me bourre depuis des semaines pour combler un probleme que je me suis inventé.

Il me semblait qu'apres tout ca, mettre à jour mon CV était une excellente idée. Ce que j'ai fait. Et j'ai envoyé le tout à une cinquantaine de sociétés. Je croyais être faite pour les études, et je me suis rendue compte que non. J'ai essayé de tenir jusqu'au bout, mais je n'y arrive pas, et si je le faisais, ce ne serait pas pour moi, mais pour mes parents, tout ceux qui me croyaient incapables, tout ceux qui me prenait de haut avec leur 2000 euros de salaire mensuel, leur stricte normalité et leur comprehension des choses et des evenements limitée. J'ai essayé de mimer quelqu'un que je ne suis pas, et que je ne serais jamais.

Bien evidemment, par soucis de conscience, je vais essayer d'y aller, jusqu'au bout. Mais si je ne peux pas pour une raison ou pour une autre, j'ai decidé de ne pas m'en rendre malade comme ces six derniers mois.

"Je te connais, moi. Je sais que tu es capable de te bouger le cul quand tu veux, et c'est dommage que tu te laisse aller comme ca... Si continuer tes études ca te met dans la merde et que des gens viennent te cracher que c'est absolument con d'avoir tout lacher à 4 mois des examens, t'as qu'à leur dire que s'ils sont pas contents ils pouvaient te filer les thunes pour que tu continues comme il se doit ! Les gens sont des cons, ils voient pas plus loin que le bout de leur pif, et ils aiment ca faire la morale alors qu'ils ne vivent pas la situation. Ils pensent que c'est facile, sauf que des fois, tu peux pas meme si tu le veux vraiment. Le tout, c'est de rebondir et de continuer à vivre."



Jeudi 8 février 2007
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